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Les risques technologiques dans le Morbihan


La base Analyse, Recherche et Information sur les Accidents (ARIA), du Bureau d'Analyse des Risques et des Pollutions Industrielles (BARPI) recense sur la période 1998-2008 un total de 143 accidents mineurs de différentes typologies dont plus des 2/3 sont des incendies technologiques dans le Morbihan.

*   Les accidents technologiques

La base ARIA n’enregistre pas d’accidents technologiques majeurs pour le Morbihan. Elle ne prend notamment pas en compte les marées noires, alors que par exemple, le naufrage de l’Erika a fait de nombreux dégâts sur les écosystèmes marins et littoraux et sur les activités économiques comme le tourisme.

 

Le risque industriel

 
Le Morbihan fait partie des départements où l’on dénombre le moins d’établissements à risques avec seulement 6 installations Seveso (4 à haut risque que l’on appelle « Seuil Haut » et 2 à risque que l’on appelle « Seuil Bas ») sur les 1171 installations Seveso que comptait la France en 2006.

Les établissements sont considérés comme dangereux lorsque la zone de danger dépasse le site industriel ou qu’il existe un risque de propagation toxique. Ainsi,  3 silos de grande taille, 6 installations de réfrigération à l’ammoniac, un site de stockage de chlore et un dépôt d’hydrocarbures présentent également un risque industriel, bien que leur activité ne soit pas prise en compte par la procédure Seveso. Ceci porte à 19, le nombre d’établissements à risques dont 5 des plus dangereux (Seveso) sont situés dans le secteur de Lorient.

 *   Etablissements présentant un risque industriel

Les types de risques varient en fonction des produits mis en œuvre. Le risque industriel correspond aux événements accidentels qui peuvent se produire sur un site industriel  et ayant des conséquences de 3 types :

  • risque toxique : propagation dans l’air, l’eau ou le sol de produits dangereux
  • risque d’explosion : qui peuvent entraîner des traumatismes directs ou par onde de chocs
  • risque d’incendie : qui peuvent entraîner des brûlures et asphyxies

En 2006, on dénombrait également 3026 Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) dans le Morbihan, soit 5,7 % du total français, notamment parce que les 2589 élevages représentent 13,6% du total français (Cf. chapitre Industrie).

 

Le risque de rupture de barrage

Le phénomène de rupture de barrage ou digues correspond à une destruction partielle ou totale d’un ouvrage artificiel ou naturel établi au travers du lit d’un cours d’eau. Toute rupture entraîne l’inondation des secteurs situés en aval.

Dans le Morbihan, l'ouvrage de Guerlédan, qui se situe sur le Blavet sur les communes de Saint-Aignan (56) et de Mur-de-Bretagne (22), est le plus important des barrages. Il retient plus de 15 millions de mètres cubes d’eau. En cas de rupture, l’onde submersion pourrait atteindre 24 communes.

Depuis le décret n°2007-1735, du 11 décembre 2007, les barrages intéressants à la sécurité publique doivent être recensés et classés dans 4 catégories comme indiqué sur la carte suivante.

*   Risque de rupture de barrage

Ainsi le barrage de Guerlédan fait partie de la catégorie A, c'est-à-dire que la population exposée est supérieure à  50000 personnes. Deux ouvrages sont classés en catégorie B, 6 en catégorie C et 1 en catégorie D. Les autres restent à déterminer. Les barrages de catégories A et B et les digues de catégories A, B et C doivent faire l’objet d’une étude de dangers par l’exploitant ou le propriétaire de l’ouvrage.

Par ailleurs, parmi les 15 barrages recensés dans le département, tous ne sont pas "intéressant à la sécurité publique", c'est-à-dire que leur rupture éventuelle n’aurait pas de répercussion grave sur les personnes (circulaire n° 70-15 du 14 août 1970).

 

Le risque de transport de matières dangereuses

 
C’est un risque présent théoriquement partout sur le département puisque qu’il concerne souvent le transport de produits dont nous nous servons quotidiennement tels que les carburants, les gaz, les engrais… Tout accident a les même effets que le risque industriel : explosion, incendies, dégagements toxiques. On ne dénombre à ce jour aucun accident majeur de ce type dans le Morbihan. 

 *   Principaux axes présentant des risques de transport de matières dangereuses

 Il existe plusieurs types de transports de matières dangereuses :

  • Transport routier : le risque est difficile à localiser, en effet une grande majorité des infrastructures routières sont empruntées par les transports de produits très variés. Le risque d’accident est plus important sur les routes où le trafic est dense. C’est le type de transport le plus concerné par le risque. Il représente 2/3 des transports de marchandises en général.
  • Transport ferroviaire : le risque est présent lors du fret de marchandises dangereuses. C’est l’axe Vannes-Lorient qui est le plus exposé au risque car une grande quantité de marchandises y transite et que les chargements et déchargements sont importants.
  • Transport par canalisation : il concerne tout le réseau de transport de gaz, ainsi que le pipe dans la zone portuaire de Lorient.
  • Transport maritime : il est rarement pris en compte lorsque que l’on parle de risque industriel. Pourtant, il peut être à l’origine de grandes catastrophes. Ce risque concerne l’ensemble du transport de marchandises qui transitent en grande partie par le port de Lorient. Cependant le risque peut provenir de plus loin, c’est le cas de naufrages comme celui de l’Erika  qui a libéré 37 000 tonnes de fioul dans l’océan Atlantique à environ une centaine de kilomètres des côtes morbihannaises. 153 plages ont été touchées et 350 chantiers de dépollution ont été nécessaires sur 49 des 55 communes du littoral. (CETMEF). En 2007, 56 cas de pollutions par hydrocarbures ont été recensés par le CROSSA d’Etel qui surveille les pollutions marines.

Les marées noires peuvent également toucher les eaux douces intérieures. L’atlas 2004-2007 des marées noires dans les eaux intérieures de l’AELB recense 8 épisodes de présence d’hydrocarbures répartis sur l'ensemble du département. Par exemple à Guiscriff, 12800 litres de kérosène ont pollués le ruisseau de Kerlavarec voisin de l'aérodrome, puis l'Isole, puis la Laïta pour aboutir dans l'Atlantique.


Activités humaines et pressions sur l'environnement :

 

ODEM - Observatoire Départemental de l'Environnement du Morbihan / Novembre 2008