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Les risques naturels dans le Morbihan


>         Le risque de tempête

>         Le risque d’inondations

>         Le risque de submersion marine

>         Le risque d’évolution du trait de côte

>         Le risque de feux de forêts

>         Le risque de séisme

 

Depuis 1983, 1038 arrêtés de catastrophes naturelles ont été publiés au journal officiel pour le Morbihan, dont environ 80% sont le résultat de seulement 4 événements majeurs : la tempête d'octobre 1987, les inondations de 1995, la tempête associée aux inondations en décembre 1999 et les inondations de l'hiver 2000-2001. La majorité des arrêtés sont le résultat de tempêtes et d’inondations.

 *   Les catastrophes naturelles

 *   Les risques naturels par commune 

Depuis 1983, le nombre d’arrêtés de catastrophes naturelles varie de 1 à 12 selon les communes.  Pourtant, ce ne sont pas toujours les communes exposées au plus grand nombre de risques qui enregistrent le plus grand nombre de catastrophes naturelles.

La perception sociale des risques naturels est influencée par la connaissance qu’ont les habitants des menaces auxquelles ils sont exposés et de leur lieu de résidence (Ifen, 2005). Une enquête Crédoc-Ifen de 2004 a permis d’obtenir les résultats suivants pour l’ensemble de la France et pour un territoire « Ouest » regroupant, la Bretagne, les Pays de la Loire et le Poitou-Charentes :

Les risques naturels auxquels la population se sent le plus exposé

 

Aucun risque

Tempêtes

Inondations

Sécheresse

Tremblements de terre

Feux de forêts

Ouest

13%

44%

13%

17%

6%

-

France

23%

27%

17%

13%

8%

5%

Sources : Crédoc-Ifen, enquête « Conditions et aspirations des Français », 2004

 

Le risque de tempête

Parmi les risques climatiques, on recense la canicule, la neige et la tempête. C’est aux tempêtes que le Morbihan est le plus exposé. Le terme de "tempête" est utilisé lorsque les vents moyens dépassent 89 km/h pendant dix minutes (soit le degré 10 de l’échelle de Beaufort). Les tempêtes sont dues à d’importants contrastes de température et de pression de différentes masses d’air.

Bien que ce risque concerne l’ensemble des communes du département, ce sont les secteurs les plus proches du littoral qui sont les plus vulnérables, d’autant plus que la force des vents y est généralement plus importante. Les tempêtes de 1987, 1995, 1999 et 2008 en sont l’illustration, avec des vents de Sud-Ouest qui ont atteints jusqu’à 180km/h dans les îles, 166 km/h à Lorient et 144 km/h à Ploërmel en 1987. L’essentiel des tempêtes se produisent pendant la saison froide, entre les mois d’octobre et de mars. Quelques orages d’été sont également accompagnés de vents forts. Les tempêtes proviennent de manière préférentielle de secteurs compris entre le 220 et 320° (Sud-Ouest à Nord-Ouest) (Lemasson, 1999).

 

Le risque d’inondations

 
Les inondations sont le résultat de crues (augmentation, généralement rapide, du débit des rivières). Les inondations se produisent le plus souvent par débordement fluvial dans le département, mais il existe différents types d’inondations :

-         les inondations de plaine : la rivière sort de son lit mineur

-         les inondations par remontée de nappe : une nappe phréatique affleure lorsque le sol est saturé en eau

-         les crues des rivières torrentielles : dans le cas de précipitations intenses sur un bassin versant

-         les crues rapides des bassins périurbains : dans le cas de précipitations intenses et d’un sol imperméabilisé.

Les derniers épisodes de crues mémorables sont ceux de janvier–février 1995 sur l’Oust et le Blavet (167 arrêtés de catastrophes naturelles), ceux de 1999, et ceux de l’hiver 2000-2001 (120 arrêtés de catastrophes naturelles et 21 millions d’euros de dommages). Les inondations sont souvent le résultat d’épisodes de précipitations de forte intensité et de longue durée.

Le risque d’inondation dans le Morbihan, comme en France est le risque le plus important, avec un aléa et une vulnérabilité assez forts. 

Ceci s’explique en partie par les caractéristiques du réseau hydrographique morbihannais : de grands bassins versants, un réseau hydrographique (notamment secondaires) dense qui compte un linéaire total de 6871 km (source BD carthage), une configuration géomorphologique particulière (pentes, incisions des vallées, un niveau d’infiltration faible entraînant un ruissellement fort et peu d’obstacles comme les bocages par exemple.

127 communes sont exposées à l’aléa inondations Mais, les communes sont plus ou moins vulnérables au risque d’inondation.

 *   Diagnostic de vulnérabilité aux inondations par commune

Ainsi seulement 82 communes du département présentent une vulnérabilité, dont 47 ont une vulnérabilité faible, 18 ont une vulnérabilité moyenne et 17 ont une vulnérabilité forte. Les autres communes sont considérées comme sans enjeux (étude BCEOM-CG56, 2006).

La vulnérabilité prend en compte les habitations, les commerces, les routes et les activités humaines. Sur les 82 communes vulnérables, 530 habitations sont considérées comme exposées, dont 220 dans le bassin versant de l’Oust et 170 dans le bassin versant du Blavet.

 

Le risque de submersion marine

Les submersions marines sont des inondations épisodiques des terres basses situées en dessous du niveau des plus hautes eaux. La frange côtière continentale est alors envahie par les eaux marines.

Depuis 1983, 33 arrêtés de catastrophes naturelles ont été inscrits au journal officiel pour submersion marine. 31 d’entres eux, sont le résultat de la tempête d’équinoxe du 9 mars 2008. En effet, la submersion marine est souvent le résultat de la conjonction d’une marée d’équinoxe et d’effets météorologiques. En effet, les tempêtes provoquent alors une surcote de l’amplitude de marée.

En 2008, de forts coefficients de marées et des vents mesurés à 137 km/h à Vannes ont entraîné des submersions marines jusqu’à Auray.

 Les phénomènes de submersion ont plusieurs causes possibles :

-         des vagues de forte amplitude

-         le débordement ou la rupture des digues

-         la rupture ou la destruction des cordons dunaires

 Les ouvrages de défenses ont été recensés et 26 sites sensibles au risque de submersion marine ont été définis (Tourolle, 2003).

 *   Sites sensibles à la submersion marine

Mais 5 sites semblent prioritaires : l’anse du Stole à Ploemeur, la grande plage de Gâvres, Suscinio à Sarzeau, la grée Penvins à Sarzeau et Banaster.

 

Le risque d’évolution du trait de côte

 

L’érosion côtière est classée au sein des risques de mouvements de terrain. Les mouvements de terrain correspondent à des déplacements du sol ou du sous-sol qui peuvent être plus ou moins brutaux. Ils peuvent avoir une origine naturelle ou anthropique. On ne différencie pas moins de 7 types de mouvements de terrain qui peuvent intervenir dans différents milieux et être plus ou moins rapides:

-         les tassements et les affaissements

-         le retrait-gonflement des argiles

-         le glissement de terrain

-         les effondrements des cavités souterraines

-         les écroulements et les chutes de blocs

-         les coulées boueuses et torrentielles

-         l’érosion littorale

Le Morbihan n’est pas sujet à des mouvements de terrain de grande ampleur, il est plutôt exposé à des mouvements de terrain lents, telle que l’érosion littorale. Il s’agit d’un phénomène discontinu qui dépend essentiellement de deux types de facteurs :

-         des facteurs hydrodynamiques (vents, niveau de la mer, courants, houle)

-         des mouvements sédimentaires

L’évolution du trait de côte peut être influencée par toute perturbation anthropique de ces deux paramètres, notamment (Ptolémée 2001) :

-         l’extraction de sédiments

-         la construction/déconstruction d’ouvrages tels que les digues, les murs, les barrages ou les jetées

-         les rejets de matériaux de carrière

-         les installations conchylicoles

-         la fréquentation touristique

Les sites pour lesquels des évolutions significatives du trait de côte ont été mesurées ou constatées ont été recensés. La plupart des secteurs à surveiller concernent des zones d’érosion. Sur les 28 sites présentés sur la carte suivante, 22 reculent et 6 s’engraissent.

 *   Zones vulnérables à l’évolution du trait de côte

 

 

Le risque de feux de forêts

Ce qui est appelé « feu de forêt » est en fait tout incendie qui se déclare et se propage dans toutes les zones boisées (forêts, landes …).

Les bois et forêts couvrent 16,6% du territoire morbihannais, les landes et  broussailles, 2,4%, ce qui constitue autant de zones vulnérables au risque de feu de forêt. L’importance et la nature de la végétation (comme par exemple les pins maritimes qui couvrent environ 32000 hectares dans le département) ainsi qu’un climat ensoleillé relativement sec en été sont autant de paramètres qui augmentent la rapidité de propagation du feu. Ceci pourrait expliquer que le Morbihan fasse partie des départements où l’on recense le plus de départs de feux (en moyenne 120 départs de feu par an depuis 1976). 

Il est placé avec un risque de niveau 4 sur une échelle de 1 à 5 au niveau national (DDRM, 2003). Le niveau 5 étant le plus élevé. Le Morbihan est le 9ème département français en terme de nombre de départs de feux et le 21ème en terme de surface parcourue par le feu (avec cependant 30 fois moins de surface parcourue par le feu que le premier, suivant les moyennes annuelles 1992-2005). Mais pour ces deux paramètres il est le premier département de la moitié nord de la France.

L’abandon des usages agricoles des landes et les plantations de conifères (espèces très pyrophiles) ont entraîné une augmentation progressive du risque des feux de forêts à partir de 1950 (Morvan, 1991). L'incendie de 1976 en est l’illustration. En 1976, la surface incendiée dans le Morbihan dépassait celle de la Provence (262 départs de feu pour 3771 hectares parcourus par le feu dont environ 2000 hectares dans la forêt de Molac). En 1984, c’est le massif forestier de Pinieux à Sérent qui a subi des dommages importants avec environ 450 hectares parcourus par le feu.

Des incendies importants ont également eu lieu lors de périodes propices : sécheresse et grands vents en 1989, 1990, 1996 et 2003. Le risque de départ de feu est plus important sur la période de mars à octobre avec des pics en avril (période des brûlages) et en juillet/août/septembre (doux et secs).

 *   Les feux de forêts et de landes 

Il existe trois formes de feu en fonction de la végétation : des feux de sol, des feux de surface et des feux de cimes.  La structure du groupement végétal joue un rôle important dans le risque de départ de feu et dans la propagation de l’incendie (Forgeard, 1986).

Dans le département, 86 communes ont un risque de feu de forêt connu dont 18 sont comprises dans des zones particulièrement sensibles (selon arrêté préfectoral du 21 février 2008)

 *   Le risque de feu de forêts

Après un feu d’espace naturel, les paysages sont souvent transformés et la faune et la flore subissent des dommages importants. Le tapis végétal peut être atteint à divers degrés. Le type (rejets et germination) et la vitesse de recolonisation dépendent essentiellement de l’intensité de l’érosion des sols induite par le feu.

La végétation n’est pas la seule à subir les conséquences des feux de forêts. Les organismes du sol, les reptiles, les batraciens, les oiseaux et les mammifères sont également atteints, soit directement par le feu, soit par les impacts sur le milieu. Le microclimat forestier et les paramètres physico-chimiques du sol sont modifiés plus ou moins durablement (Morvan, 1991).Les hommes sont très rarement touchés contrairement aux feux issus des risques domestiques.

 

Le risque de séisme

Les séismes sont l’une des manifestations de la tectonique des plaques. L’activité sismique est concentrée le long de failles, là où s’exercent des frottements. D’un point de vue historique, les séismes dont l’épicentre était situé dans le Morbihan, n’ont jamais dépassé une intensité épicentrale de 7 (le 9 janvier 1930 à Meucon) sur une échelle de 1 à 12. L’intensité mesure les dommages à la différence de la magnitude qui mesure l'énergie libérée. La plupart du temps, l’épicentre se situe le long du cisaillement sud armoricain (Cf. Rubrique Géologie). C’est le long de ce cisaillement que les secousses sont le plus ressenties du fait de la direction des ondes sismiques. Par exemple, le séisme du 30 septembre 2002 dont l’épicentre était situé dans les environs d’Hennebont a été ressenti jusqu’à Poitiers. Pourtant, les dégâts ont été mineurs, seulement deux communes ont fait l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle. Plus rarement, des séismes ont lieu sur des petites failles, mais sont d’intensité moins importante. Selon le bureau central sismologique français, le socle granitique serait peu favorable aux amplifications locales des secousses ce qui expliquerait que les intensités enregistrées soient faibles en regard de la magnitude des séismes.

Le « plan séisme », programme national de prévention du risque sismique, a débuté le 21 novembre 2005.  La première étape a permis d’établir une carte des aléas sismiques à l’échelle communale. Cette carte probabiliste a été construite en tenant compte des périodes de retour Le Morbihan se situe dans une zone d’aléa faible comme l’ensemble de la Bretagne. Ce projet de futur zonage est réalisé par la France en vue de l'application de nouvelles normes de construction européennes Eurocode8. .


Activités humaines et pressions sur l'environnement :

 

ODEM - Observatoire Départemental de l'Environnement du Morbihan / Novembre 2008