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La prévention des risques naturels


La connaissance et la surveillance des risques naturels

La connaissance de l’aléa

La connaissance des risques s’appuie beaucoup sur les événements passés. Les catastrophes historiques, ainsi que des études des paramètres physiques vont permettre d’identifier et de localiser les risques sur un territoire. Pour les différents risques, il est possible de caractériser et cartographier l’aléa de manière plus ou moins précise.

Dans le domaine des inondations, le Morbihan possède d’ores et déjà des atlas des zones inondables des principales rivières qui sont basées sur les crues de 1995 et sur l’hydrogéomorphologie des plaines alluviales. La connaissance de ces zones inondables fait partie du volet "Gestion des Risques" du Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin Loire Bretagne. L’étude en vue d’un schéma départemental des aménagements collectifs de défense contre les inondations a également permis de faire un diagnostic de la vulnérabilité aux inondations dans le Morbihan dans le but de proposer des aménagements (BCEOM, 2006).

         *   Les risques naturels par commune

Pour les feux de forêts, la caractérisation de l’aléa est faite en classant les massifs forestiers suivant des indicateurs précis : surfaces, ensoleillement estival, nombre annuel de feux, nombre de grands feux en 15 ans. Le type de végétation est également déterminé pour prévoir la vitesse de propagation du feu.

Les risques littoraux (envasement, érosion côtière et submersion marine) sont aujourd’hui les plus mal connus. Les études sont peu nombreuses. Elles permettent cependant de définir des sites côtiers sensibles, où l’évolution du trait de côte est rapide et où les terrains sont sous le niveau de la mer en zones submersibles. Des programmes sont en cours sur certains secteurs : sur l’estuaire de la Vilaine (IAV, IFREMER, UBS), sur le Golfe du Morbihan (UBS), sur le Pays de Lorient (Cap l’Orient)…

Pour les risques météorologiques, l’aléa  est difficile à caractériser au niveau départemental puisqu’il dépend de la position des cellules météorologiques.

Pour les séismes, il est possible de définir des zones de sismicité comme cela a été fait avec le plan séisme.

 

Enfin, pour les risques de mouvements de terrain une étude BRGM est prévue pour 2010 afin de réaliser une carte des aléas des retraits gonflements des argiles.

Les durées de retours, ainsi que l’intensité des événements sont difficiles à déterminer, surtout lorsque les données historiques sont trop courtes.

La prévision  et l’alerte

Il existe plusieurs grands systèmes de prévision et d’alerte sur les risques naturels. Cependant, il s’agit essentiellement de prévisions à court terme.

 
  • Le plan vigilance météo

La carte de vigilance, mise en service en octobre 2001, par Météo France informe les français des dangers d’origine météorologique. Parmi les dangers on retrouve : les vents violents, les orages, les fortes pluies, la neige- verglas, le grand froid et la canicule. La carte est réactualisée au minimum deux fois par jour. Elle  souligne (par 4 niveaux de vigilance) et décrit les dangers des conditions météorologiques des prochaines 24 h.

  • La prévision des crues

La vigilance « crues » est basée sur les mêmes principes que la carte de vigilance météo, à la différence qu’elle informe de la gestion de crise en cas de risque de crues survenant sur les cours d’eau principaux. La surveillance des cours d’eau  est faite grâce aux 23 services de prévision des crues (SPC) en France. Le département du Morbihan fait partie du SPC « Vilaine et Côtiers bretons » géré par la DDE 35 et qui dans le Morbihan concerne la surveillance des cours d’eau Oust, Vilaine et Blavet. Le SPC est en charge de surveiller les débits, de prévoir les évolutions et de transmettre les informations. Le paramètre précipitation est le plus important pour prévoir les évolutions.

Un bulletin de surcote maritime mis en place par MétéoFrance serait à venir pour prévenir les risques de submersion marine.

La plupart des risques naturels dépendent au moins en partie des paramètres météorologiques. Par exemple, dans le cas des feux de forêts, la vigilance doit être accrue lors d’épisodes de sécheresse et de forts vents. Les seuls risques qui restent encore aujourd’hui impossibles à prévoir, sont les séismes.

 

Les plans de prévention des risques naturels dans le Morbihan

L’article L562 du Code de l’environnement précise que l’Etat élabore et met en application les Plans de Prévention des Risques naturels. Dans le Morbihan, deux types de PPR sont mis en œuvre : les PPR inondations et les PPR littoraux (submersion marine). L’objectif des PPR est la maîtrise de l’urbanisation dans les zones exposées. Ils valent servitudes d’utilité publique et sont annexés aux Plans Locaux d’Urbanisme (PLU).

Les PPR inondations

Initiée en 2000, la mise en place des PPR inondations (PPRi) concerne actuellement 54 communes . Depuis 2005, ce nombre reste stable.

 *   Les plans de prévention des risques inondations

A ce jour, 5 PPRi ont été approuvés, pour un total de 54 communes concernées :

-         Le PPR du bassin aval de la Vilaine (12 communes)

-         Le PPR du Blavet (6 communes)

-         Le PPR de Blavet aval (10 communes)

-         Le PPR de la vallée de l’Oust (26 communes)

-         Le PPR du Scorff (2 communes)

 *   Etat d'avancement des plans de prévention des risques naturels par commune

Les communes Saint-Congard et Saint-Martin sont concernées à la fois par le PPR Oust et le PPR Vilaine Aval.  

Un autre PPRi a également été prescrit. Il concerne le bassin du Saint Eloi (13 communes). Enfin, un dernier bassin versant est à l’étude : le bassin versant vannetais avec les rivières du Vincin et du Liziec.

Les PPR littoraux

Suite aux études réalisées sur la submersion marine (Tourolle, 2003) et aux récents événements du 9 et 10 mars 2008, des études préalables à des PPR littoraux sur les sites de Gâvres, de l’anse du Stole à Ploemeur, à la Grée Penvins et Banaster à Sarzeau ont été lancées. La finalisation de l’étude sur le secteur de Gâvres a entraîné la prescription d’un PPR littoral.

La loi dite « Bachelot » du 30 juillet 2003 prévoit également deux nouvelles servitudes d’utilité publique : la zone de rétention temporaire des eaux de crues et la zone de mobilité du lit mineur. A ce jour, aucune de ces zones n’a encore été définie dans le Morbihan.

 

La réduction de la vulnérabilité

 

Pour prévenir les événements dommageables, il est aussi possible de mettre en place des actions visant à diminuer le risque, en prenant des précautions.

Les ouvrages de protection et l’aménagement des cours d’eau et des bassins versants peuvent permettre de contrôler en partie le déroulement et les conséquences des crues. Les retenues, les clapets, les endiguements, les enrochements vont permettre de réduire des risques comme l’inondation, la submersion marine ou encore l’érosion côtière. Les protections doivent être efficaces car sinon elles seraient plus dangereuses en cas de rupture. Ainsi, les aménagements collectifs impliquent des contraintes de surveillance et d’entretien impliquant une contrainte foncière évidente. Le schéma départemental des aménagements collectifs réalisé pour le conseil général en 2006 a permis d’établir une liste des aménagements à réaliser en vue de la protection contre les inondations (BCEOM, 2006).

De la même manière, les ouvrages protégeant de la submersion marine, ainsi que leurs états de conservation ont été recensés par l’étude Ptolémée (2001).

L’entretien des zones forestières via les plans intercommunaux de débroussaillement et d’aménagement forestier (PIDAF) permet de prévenir les risques de feu d’espaces naturels.

Enfin, les normes de construction liées à la réglementation parasismique vise à limiter les dommages sur les constructions et les pertes économiques au travers du plan séisme.

 

L’organisation des secours et la gestion de la crise

Cette partie de la gestion des risques est essentiellement en charge du SDIS 56 (Le Service Départemental d’Incendie et de Secours) qui est un établissement public départemental autonome et du SIDPC (Service Interministériel de Défense et de Protection Civiles).

Les secours s’organisent à partir de nombreux plans. Certains sont spécifiques à certains risques, c’est le cas notamment des plans nationaux Vigilance Météo, Canicule et Grand froid et des plans départementaux comme "l’ordre d’opérations départemental feu de forêt" et "le règlement départemental vigilance crue". Le Plan intempéries Zone Ouest (PIZO) concerne quant à lui toute une région Ouest de la France dans le but de prévenir la gêne aux usagers en cas de perturbation routière d’origine météorologique.

D’autres mesures départementales englobent l’ensemble des risques auquel est soumis le Morbihan : le Schéma Départemental d’Analyse et de Couverture des Risques (SDACR) et le plan d’Organisation de la Réponse de SEcurité Civile (Plan ORSEC). Le SDACR mis en place par le SDIS56 fait l’inventaire des risques et définit les objectifs  de couverture opérationnelle. Le plan ORSEC départemental détermine, compte tenu des risques existant dans le département, l’organisation générale des secours et recense l’ensemble des moyens publics et privés susceptibles d’être mis en œuvre. Tous les deux sont arrêtés par le préfet. Ils sont actuellement en cours de révision dans le Morbihan.

Enfin, pour l’alerte, il existe la Gestion d’alerte locale automatisée (GALA) qui correspond à un système d’alerte des maires par télécommunication en cas de catastrophes prévisibles ou avérées.

 


Réponses apportées :

 

 

ODEM - Observatoire Départemental de l'Environnement du Morbihan / Novembre 2008