Méthodologie de définition des massifs forestiers
Les massifs forestiers sont définis, ici, à partir des concepts de l’écologie du paysage (FISCHESSER & DUPUIS-TATE, 1996 et BUREL & BAUDRY, 1999) comme des unités fonctionnelles, du point de vue écologique, continues ou discontinues, constituées d’entités forestières élémentaires (ou tâches) interconnectées. Ces interconnexions (ou corridors) permettent la circulation et l’échange de populations animales et végétales.
Deux notions sont utilisées pour les caractériser : les domaines vitaux (HOLZGANG & al., 2001 et ANONYME, 2004) et les continuums écologiques (BERTHOUD, 2001) qui sont spécifiques à chaque groupe de faune.
Ne pouvant prendre en compte toutes les espèces forestières, le choix s’est porté ici sur des espèces dont l’écologie est relativement bien connue et possédant de vastes domaines vitaux, pouvant ainsi inclure ceux des autres espèces. Il s’agit de trois espèces de grande faune : le sanglier (Sus scorfa), le cerf (Cervus elaphus), le chevreuil (Capreolus capreolus).
Les domaines vitaux de ces espèces permettent de définir un critère de surface minimale aux massifs ; à savoir une surface totale d’au moins 4000 ha (pour l’accueil du cerf et du sanglier) dont au moins 500 ha d’un seul tenant (pour les autres espèces).
Les exigences écologiques de ces espèces permettent de regrouper les entités forestières élémentaires. Le paysage est constitué de différentes entités paysagères identifiées en regroupant plusieurs postes d’occupation du sol de la nomenclature Corine Land Cover. La perméabilité de ces entités paysagères aux espèces de grande faune permet de définir la distance maximale que peuvent parcourir ces espèces, entre deux zones boisées, en fonction des entités paysagères traversées (BERTHOUD, 2001). Les surfaces construites, zones industrielles ou commerciales et infrastructures de transport sont considérées comme infranchissables.
Ainsi, un massif forestier est défini comme un ensemble d’entités boisées :
- contiguës ou distantes de :
- moins de 100 m si elles sont séparées par des lacs, étangs, surfaces agricoles intensives ou zones d’activités,
- moins de 600 m si elles sont séparées par des surfaces agricoles extensives, prairies, landes ou broussailles, végétation arbustive, cours d’eau, zones humides et végétations riveraines.
- et, d’une surface totale d’au moins 4000 ha dont 500 d’un seul tenant.
Outre les données de Corine Land Cover, les infrastructures de transports locales sont prises en compte. Les infrastructures de transports assimilées à des autoroutes (voies express) et la voie TGV, non visualisables à partir de la base de données Corine Land Cover, sont considérées comme infranchissables si aucun passage à faune n'est répertorié sur leur tracé.
Note à l’attention du lecteur :
La définition des massifs ici proposée doit être utilisée avec discernement : les critères de définition des continuums et des domaines vitaux sont issus de l’extrapolation d’études réalisées dans des contextes écologiques différents, en Isère (BERTHOUD, 2001) et en Suisse (HOLZGANG & al., 2001). De plus, la précision des données est fonction de la résolution de la base de données Corine Land Cover.
Pour plus de détails, consultez BRIZAY, 2004
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