Synthèse et enjeux
Le département du Morbihan, tout comme la Bretagne, demeure vulnérable et peu performant d’un point de vue énergétique. La consommation énergétique finale par habitant est légèrement inférieure à la moyenne française mais la production reste très faible et couvre moins de 1% des besoins du département.
Le Morbihan est donc très dépendant de ses approvisionnements extérieurs et principalement de la centrale thermique du Cordemais située dans l’estuaire de la Loire. Or celle ci n’est pas à l’abri de dysfonctionnements techniques et un risque de rupture de distribution électrique n’est pas à exclure en cas de pic de consommation (Hervieux & Brunelle-Côté, 2005).
Les enjeux économiques (sécurité d’approvisionnement, épuisement des ressources fossiles...) liés à la maîtrise de l’énergie poussent donc le Morbihan à diversifier ses sources d’approvisionnement en privilégiant les sources locales et notamment les énergies renouvelables.
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Plus globalement, la production et la consommation d’énergie ont des conséquences pour l’environnement. La plus préoccupante est l’accroissement de la concentration des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère qui fait craindre d’importantes modifications climatiques. L’énergie est au cœur du sujet puisque les GES issus de la combustion des énergies fossiles représentent environ les 3/4 des émissions d’origine anthropique. La production et la consommation d’énergie ont également des incidences locales, notamment sur la qualité de l’air, et par conséquent, sur la santé humaine. Suite à la prise de conscience internationale de la gravité de ces enjeux, 153 pays sur les 186 représentés à l’ONU, ont signé en 1992 à Rio la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). L’objectif était de limiter les concentrations atmosphériques de GES à un niveau non dangereux pour l’humanité. |
Source : Espace thématique Energie
(Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie)
Cette convention s’est trouvée renforcée par la signature en 1997 du protocole de Kyoto par 111 pays. Ce protocole assigne aux pays industrialisés un premier objectif quantifié pour la période 2008-2012 dite « première période d’engagement ». Il s’agit d’une réduction de 5,5% des émissions des pays industrialisés par rapport à 1990, qui se traduit pour l’Union Européenne par une baisse de 8% à cet horizon.
Les pays européens ont décidé de s’acquitter conjointement de cet engagement et de répartir cet effort en fonction de leur niveau d’émission de 1990, de leur démographie ou de leur besoin en développement économique. Cette répartition donne les objectifs suivants pour les principaux pays :
| Pays | Objectif |
| Pays Bas | - 6% |
| France | 0% |
| Italie | - 6,5% |
| Espagne | + 15% |
| Allemagne | - 21% |
| Royaume Uni | -12,5% |
| Grèce | + 25% |
Pour la France, l’objectif est une stabilisation des émissions à leur niveau de 1990 (568 Mt d’équivalent CO2) d’ici 2010 c'est-à-dire une économie minimale de 54 Mt d’équivalent CO2. En effet, la France est l’un des pays industrialisés dont la contribution à l’effet de serre est la moins forte : 1,68t de CO2 par habitant en 2002 contre 2,77t CO2/hab pour l’Allemagne, 2,44t CO2/hab pour le Royaume Uni, 3t CO2/hab pour les Pays Bas et 5,36t CO2/hab pour les Etats-Unis (MINEFI : espace thématique Energie). Cette situation résulte de la spécificité du parc énergétique français qui accorde une place prépondérante à l’énergie nucléaire, laquelle est faiblement émettrice de GES.
Source : Mission Interministérielle de l’Effet de Serre
Les émissions de GES sont appréciées sur la base du Pouvoir de Réchauffement Global (PRG) des substances retenues au titre de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique :
- les gaz à effet de serre direct : dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote, hydrofluorocarbures, perfluorocarbures et hexafluorure de soufre.
- les gaz à effet de serre indirect : dioxyde de soufre, monoxyde de carbone, oxydes d’azote et composés organiques volatils non méthaniques.
Evolution du PRG hors UTCF (1) en France (Métropole, DOM et TOM)

CITEPA (Beguier et al., 2005)
Les émissions de GES direct exprimées en terme de PRG hors UTCF (non pris en compte dans le protocole de Kyoto car représente un puit net de CO2) en France, se situent pour l’année 2004 à 0,95% en dessous de celles de 1990.
L’énergie, avec 72% des émissions en terme de PRG (hors UTCF) en 2004 occupe le 1er rang des catégories de sources émettrices devant l’agriculture (18%), les procédés industriels (7,5%) et les déchets (2,5%). De plus, depuis 1990 la contribution de l’énergie augmente alors que pour tous les autres secteurs, elle baisse (Beguier et al., 2005).
Afin de répondre aux objectifs du protocole de Kyoto, un Plan National de Lutte contre le Changement Climatique (PNLCC) a été adopté en 2000. Mais de nombreuses mesures de ce plan n’ont pas été mises en œuvre et il n’a pas permis d’enrayer l’augmentation des émissions de GES de certains secteurs, et notamment celui de l’énergie. C’est pourquoi il a été renforcé par le Plan Climat en 2004.
Le Plan Climat regroupe donc, dans tous les secteurs de l’économie et de la vie quotidienne des français, les actions visant à lutter contre l’effet de serre et notamment les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables.
Pour plus d’informations sur le plan climat : Mission Interministérielle de l'Effet de Serre
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