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Les risques et impacts pour l'environnement et la santé

La consommation d'énergie a de nombreux impacts sur l'environnement. Le premier est l'aggravation de l'effet de serre : en effet, l'utilisation des énergies fossiles représentait 80% des émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2000. Les carburants et les fiouls représentaient 55% des émissions en France et le gaz, malgré ses vertus (meilleure efficacité énergétique, émissions moins importantes, flexibilité d'utilisation...) 26% des émissions (IFEN : Anonyme, 2002c).

Une étude menée en 2003 à la demande de la région a évalué que le secteur de l'énergie en Bretagne, et plus particulièrement les transports et l'habitat résidentiel, était responsable de l'émission de 16 518 kt de CO2 en 1999 (c'est à dire 4,6% des émissions françaises liées au secteur de l'énergie) participant ainsi au réchauffement climatique de la planète (ICE,  GREEN et ADEME : Anonyme, 2005c).

Emissions de CO2 en Bretagne par vecteur (en 1999)



ICE,  GREEN et ADEME : Anonyme, 2005c
Emissions de CO2 en Bretagne par secteur économique (en 1999)



ICE,  GREEN et ADEME : Anonyme, 2005c

 

En ce qui concerne les pollutions locales, les énergies fossiles (carburants des transports) sont responsables de la majeure partie des émissions d’oxydes d’azote (NOx) et de composés organiques volatils (COV). L’utilisation des fiouls dans l’industrie et le résidentiel représente plus de 50% des émissions de dioxyde de soufre (IFEN : Anonyme, 2002c). Ces substances ne sont pas sans effets sur la santé et peuvent être à l'origine de diverses atteintes :

  • Les oxydes d'azote sont des agents irritants pour les poumons, ils peuvent provoquer des affections des voies respiratoires chez les enfants, les personnes âgées ou les personnes souffrant de maladies respiratoires comme l'asthme.
  • Les COV ont des effets très divers selon leur famille : de la simple gêne olfactive à une importante irritation des poumons accompagnée d'une diminution de la capacité respiratoire. En concentration importante, ils peuvent causer des maux de tête, des nausées, de la fatigue... Enfin, certains COV comme le benzène et le formaldéhyde ont des effets mutagènes et cancérigènes reconnus.
  • Le dioxyde de soufre peut entraîner des affections du système respiratoire. Les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de maladies cardio-respiratoires sont les plus vulnérables.

Les modes de production d'énergie ont également des impacts sur l'environnement :

  • rejets de substances polluantes dans l'atmosphère ou dans les milieux aquatiques (extraction, raffinage et stockage des produits pétroliers et du gaz, stockage des déchets nucléaires...),
  • consommation d'eau et rejets de produits phytosanitaires (culture intensive pour la production d'agrocarburants),
  • pollution thermique des cours d'eau (refroidissement des centrales nucléaires et thermiques),
  • contamination des sols sur les sites d'extraction (charbon, uranium, gaz naturel...),
  • destruction ou modification des écosystèmes,
  • altération des paysages....

Sans oublier les risques d'incidents ou de malveillance : explosions, incendies, effondrements des mines ou glissements de terrain, marées noires.....

Dans le département du Morbihan, la production d'électricité, bien que réduite, a également des impacts sur l'environnement.

 

La production d'électricité d'origine hydraulique :

Les centrales hydro-électriques peuvent avoir des impacts sur l'environnement. Elles entraînent des modifications du régime des cours d'eau et peuvent ainsi perturber les ecosystèmes aquatiques. Elles peuvent également représenter un obstacle à la circulation des poissons. Ainsi, sur les 11 centrales hydro-électriques que compte le département, seules 6 sont équipées de passes à poissons.

Cependant, en dehors de la phase de construction, les centrales de faible capacité ont un impact modeste sur l'environnement qui peut être diminué par des mesures simples (installation d'une passe à poisson, défrichage du réservoir...). Elles représentent par ailleurs une source d'énergie renouvelable et ne sont pas à l'origine de l'émission de subtances polluantes ni de déchets.

  • Exemple du barrage de Guerlédan :

La construction du barrage de Guerlédan a entraîné la création d'un lac de 55 millions de m3 d'eau sur une étendue de 400 hectares qui englobe plus de 12 km de la vallée du Haut Blavet. Au delà de l'importante modification du paysage, le barrage peut avoir un impact sur la qualité de l'eau lors des vidanges ou des lâchers d'eau.

En effet, les vidanges de la retenue provoquent une augmentation brutale de la concentration en matières en suspension en aval du barrage ce qui peut entraîner des perturbations des processus de photosynthèse (forte coloration de l'eau) et peut représenter une gêne pour les poissons (réduction des possibilités de nage et asphyxie par colmatage des branchies).
Les vidanges et lâchers d'eau provoquent également d'importantes modifications du débit du Blavet qui peuvent se révéler dangereuses (Catheline, 1998).

D'un autre côté, avec une puissance installée de 20 MW, l'usine hydroélectrique de Guerlédan produit chaque année depuis sa mise en service en 1929 environ 37 000 GWh soit la consommation d'une ville de 10 000 habitants.

Source : Ciele


Pour plus d'informations : Consulter la rubrique de l'atlas relative aux milieux aquatiques

 

 

La production d'électricité d'origine éolienne :

Le fonctionnement des éoliennes peut également avoir des impacts sur l'environnement. Cependant, si au moment de l'implantation d'un parc éolien, des études sérieuses sont menées, en concertation avec les associations de protection et les experts locaux, les impacts d'un parc éolien sont minimes et maîtrisés.

Eoliennes et milieu naturel :

Le fonctionnement des éoliennes peut avoir des impacts sur la faune environnante et notamment sur les oiseaux et les chiroptères (chauves souris) :

  • perte de territoire pour la nidification, dérangement,
  • implantation sur le terrain de chasse d'une colonie de chiroptères,
  • risques de collision, perturbation des routes migratoires...

Cependant, des études réalisées en Europe ont montré que la mortalité d'oiseaux liée aux éoliennes était très faible au regard d'autres facteurs de mortalité tels que la circulation routière, les lignes électriques aériennes, les baies vitrées...

Les projets éoliens font, en outre, l’objet d’études ou de notices d’impact au cours desquelles on analyse les milieux naturels existants et on évalue les incidences de l’aménagement sur la faune et la flore. Cette évaluation environnementale doit proposer des mesures afin de prévenir ou de réduire les impacts qui auront été identifiés (ADEME, CLER : Anonyme, 2002a).

Eoliennes et bruit :

Si les éoliennes de première génération étaient bruyantes, elles sont aujourd'hui beaucoup plus silencieuses grâce à des perfectionnements techniques. Le bruit des éoliennes a deux origines : le bruit mécanique et le bruit aérodynamique.

Le bruit mécanique est créé par les engrenages situés dans le multiplicateur à l’intérieur de la nacelle. Ces 10 dernières années ces émissions sonores ont été réduites grâce aux progrès technologiques :

  • maîtrise des phénomènes vibratoires,
  • capitonnage de la nacelle,
  • conception de multiplicateurs plus silencieux,
  • conception d’éoliennes sans multiplicateur.

Le bruit aérodynamique est lié à l’écoulement de l’air autour des pâles. La plus grande partie du bruit a pour origine l’extrémité des pâles et leur bord de fuite. L’utilisation de profils et de géométrie de pâles spécifiques aux éoliennes a permis de réduire cette source sonore.

Par ailleurs, le niveau sonore d’une éolienne se stabilise lorsque le vent atteint une certaine vitesse. Au delà de cette vitesse, le bruit du vent vient couvrir celui de l’éolienne (ADEME, CLER : Anonyme, 2002a).

Il est possible de prévoir la propagation du son autour d’une ou plusieurs éoliennes et de limiter ainsi les risques de nuisances sonores. L’évaluation de l’impact sonore est réalisée en comparant le bruit de la source calculé à proximité des habitations riveraines et le niveau sonore ambiant au même endroit. L’émergence (valeur qui caractérise la nuisance sonore) correspond à l’éventuelle augmentation du niveau sonore ambiant imputable aux éoliennes.

D’un point de vue règlementaire, l’émergence maximale tolérée est de 3 décibels dB "A" (échelle pondérée pour la mesure des bruits usuels) la nuit et de 5 dB(A) le jour à l’extérieur d’une maison. Il est donc demandé aux industriels de respecter une distance suffisante par rapport aux plus proches habitations.

Dans certains cas, la modification du schéma d’implantation des éoliennes peut être rendue nécessaire après analyse des différentes situations d’implantation (ADEME, CLER : Anonyme, 2002a).

Echelle des décibels : émissions sonores moyennes
échelle des décibels

* éolienne moyenne (1 MW) située à une distance de 300m

D’après : ADEME, CLER (Anonyme, 2002a)

Emissions d'ondes

Un risque également cité lorsqu'il s'agit d'éoliennes est l’émission d’ondes basse fréquence. Si ces dernières peuvent effectivement, dans certains cas, avoir une influence sur la santé humaine, les énergies mises en jeu dans le cas des éoliennes ne sont pas suffisantes pour engendrer des effets nocifs à longue distance (ADEME, CLER : Anonyme, 2002a).

Par ailleurs, au même titre que toute nouvelle construction, les éoliennes sont susceptibles de faire obstacle aux ondes radio et hertziennes et d'en brouiller la réception. Le code de la construction (article L 112-12) oblige donc les responsables de ces obstacles à remédier au phénomène à leurs frais.

Ce phénomène de perturbation des ondes s'avère plus sensible encore pour les stations de radar (météo ou armée) qui nécessitent une protection particulière. Celles-ci sont donc protégées par des servitudes radioélectriques, zones couvertes par décret où obstacles et perturbations sont interdits (Civel, 2004).

Eoliennes et environnement

Enfin, il est bon de rappeler que la production d'électricité grâce à l'énergie éolienne ne rejette pas de GES ni de substances polluantes dans l'atmosphère, l'eau ou les sols. En luttant contre le réchauffement climatique, l'éolien participe au maintien à long terme de la biodiversité des milieux naturels. En outre, le caractère reversible et recyclable de ces installations répond bien aux principes du développement durable.

 

 


Activités humaines et pressions sur l'environnement :



 

ODEM - Observatoire Départemental de l'Environnement du Morbihan / Juin 2007