Les énergies renouvelables dans le Morbihan
En raison de l'absence de moyens de production d'électricité de type thermique ou nucléaire dans le département, la part des énergies renouvelables dans la production départementale est relativement importante : elle atteignait ainsi 48% en 2005.
Cependant, en valeur absolue, la production d'électricité à partir de sources d'énergie renouvelables reste très faible et, est bien loin de l'objectif national de couvrir 21% des besoins en électricité. Avec une production de 16 GWh en 2005 (ou 1,38 ktep), les énergies renouvelables ne représentaient que 0,35% des besoins en électricité du Morbihan.
Descripteur : Production d'énergie d'origine renouvelable dans le Morbihan
Cependant, devant la vulnérabilité énergétique du département, le Morbihan s’est fixé l'objectif de développer son parc éolien et ainsi d'atteindre une puissance installée comprise entre 250 et 350 MW d’ici 2010 (Hervieux & Brunelle-Côté, 2005). Pour donner un ordre de grandeur, une éolienne a aujourd'hui, en moyenne, une puissance installée de 1,5 à 2 MW. Pour atteindre son objectif, le département devrait donc s'équiper d'environ 150 à 200 éoliennes.
La valorisation énergétique des déchets
L'objectif fixé par le Département en matière de développement de l'éolien (atteindre une puissance installé comprise entre 250 et 350 MW d'ici 2010) est ambitieux mais tout à fait réalisable en raison du fort potentiel éolien du département. La Bretagne est, en effet, la deuxième région la plus ventée de France derrière le Languedoc-Roussillon.
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L'éolien est une énergie renouvelable favorisant la diversification et l'indépendance énergétique. C'est une énergie propre qui ne produit pas de gaz à effet de serre ni de déchets. Elle utilise des machines (aérogénérateurs, appelés également éoliennes) dont le cycle de vie est favorable à l'environnement : matériels restituant en quelques mois l'énergie utilisée pour leur fabrication, matériaux recyclables, démentèlement réalisable assurant la remise en état du site. Cependant, les éoliennes peuvent générer des nuisances (bruits, perturbations des ondes hertziennes...) et des perturbations pour la faune et la flore, il est donc important que leurs impacts soient évalués au moment de l'implantation d'un parc éolien. Pour plus d'informations, voir la page "Risques et impacts pour l'environnement et la santé". Afin de fournir un outil de référence pour aider à la prise en compte des multiples contraintes inhérentes à la réalisation d’un projet éolien, la Préfecture et le CAUE (Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement) du Morbihan ont élaboré un Schéma Départemental Eolien qui propose une cartographie des secteurs préférentiels à l’installation d’éoliennes (Hervieux et Brunelle-Côté, 2005). |
Gisement éolien théorique de la France
(Cliquez pour agrandir) |
Cette cartographie prend en compte les critères suivants :
Le schéma départemental a pour vocation de :
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Il a été présenté et validé par le pôle départemental « énergies renouvelables et économies d’énergie » lors de sa séance d’installation en avril 2005.
Fin 2006, 4 parcs éoliens étaient en activité dans le département, Noyal-Pontivy Gueltas (6 éoliennes), Kergrist (11 éoliennes), Silfiac (4 éoliennes) et Langoëlan (2 éoliennes), pour une puissance installée totale de 36,5 MW. Rappelons que le département s’est fixé un objectif compris entre 250 et 350 MW d’ici 2010.
Par ailleurs, 24 permis de construire avaient été autorisés dans le département pour 92 éoliennes ce qui représente une puissance installée de 160,7 MW ; 15 demandes de permis de construire était en cours d'instruction pour 46 éoliennes représentant une puissance de 88,1 MW et 4 demandes de permis de construire avaient été refusées à Pluherlin (20 éoliennes, 23 MW).
Carte : Permis de construire éolien dans le Morbihan - Format SVG
Carte : Parcs éoliens en activité - Format SVG
Pour plus d'informations : http://www.suivi-eolien.com
Par ailleurs, depuis le 14 juillet 2005, les installations éoliennes ne peuvent bénéficier de l'obligation d'achat de l'électricité produite par EDF et les distributeurs non nationalisés que si elles sont situées dans des Zones de Développement de l'Eolien ou ZDE (loi de programme du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique).
Ces zones sont définies par le préfet du département sur proposition des communes concernées ou d'un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre. La ZDE est définie en prenant en compte :
- le potentiel éolien de la zone,
- les possibilités de raccordement aux réseaux électriques,
- la protection des paysages, des monuments historiques et des sites remarquables et protégés.
En fonction de ces critères sont définis un périmètre géographique et la puissance installée minimale et maximale des installations existantes ou futures.
En 2005, la production d'électricité d'origine hydraulique en Bretagne représentait près de 58% de la production totale d'électricité, dont plus de 50% étaient assurés par l'usine marémotrice de La Rance (Ille et Vilaine). Dans le Morbihan, elle représentait 24% de la production électrique totale. Malgré une production d'hydroélectricité plus faible que dans les autres départements bretons, le Morbihan est le département le plus équipé avec 11 centrales hydroélectriques.
A noter, que la production d'électricité d'origine hydraulique est en baisse pour la 4ème année consécutive en raison des conditions climatiques défavorables.
Carte : Centrales de production d'électricité hydraulique - Format SVG
L'hydroélectricité est une source d'énergie non polluante (pas d'émissions de gaz à effet de serre, pas de déchets...) et renouvelable, cependant, les centrales présentent des impacts sur l'environnement :
- modification du régime des cours d'eau,
- perturbation de la vie piscicole, de la faune et la flore aquatique,
- influence sur la qualité de l'eau,
- etc.
Pour plus de détails : voir la page "Risques et impacts pour l'environnement et la santé"
Le flux solaire peut être utilisé sous deux formes :
- sous forme de chaleur par l'intermédiaire de capteurs solaires thermiques,
- sous forme d'électricité par l'intermédiaire de capteurs photovoltaïques.
Le solaire thermique
En Bretagne, la production de chaleur par l'énergie solaire s'est beaucoup développée au début des années 80. Les principales applications ont visé à produire de l'eau chaude pour des piscines d'été, des centres de vacances et des usages tertiaires. A partir de 1985, le prix du pétrole ayant diminué, le marché s'est progressivement éteint jusqu'à aujourd'hui.
Devant ce constat, l'ADEME a mis en place en 1999 un programme de relance du solaire thermique : le Plan Soleil.
Ce programme a pour objectif d'augmenter la diffusion des systèmes solaires thermiques chez les particuliers et les collectivités territoriales grâce à :
- des opérations de sensibilisation des maîtres d'ouvrages et du grand public,
- des actions de formation et de perfectionnement des installateurs (charte de qualité, certification des matériaux),
- des aides financières à l'équipement.
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Deux types d'installations sont possibles pour les particuliers :
Pour les collectivités territoriales, le Plan Soleil vise à développer les installations de chauffe-eau solaires collectifs dans les immeubles de logement, maisons de retraite, hôpitaux, équipements sportifs et hébergements de vacances... Source : ADEME
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![]() Le gymnase Guyader à Lorient équipé d'un système combiné eau chaude sanitaire et plancher chauffant basse température.
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Fin 2005, le département comptait ainsi plus de 80 chauffe-eau solaires installés, en majorité des installations individuelles chez des particuliers.
Le solaire photovoltaïque
L'alimentation en électricité d'un site éloigné du réseau de distribution électrique par câble est une opération coûteuse lorsque les besoins en énergie sont relativement faibles. Des générateurs d'électricité fonctionnant à partir de l'énergie solaire ou éolienne peuvent donc être privilégiés. Ainsi, en France, plus de 3000 sites ont été équipés d'installations autonomes fonctionnant le plus souvent à partir de capteurs solaires photovoltaïques.
Ces systèmes couvrent un large domaine d"applications : télécommunications, signalisation routière, maritime et aérienne, électrification rurale, mobilier urbain et utilisation grand public (montres, calculatrices...).
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Exemple d'une réalisation dans le Morbihan : le phare des Poulains à Belle Ile Dans le cadre du remplacement de la ligne électrique aérienne qui alimentait le phare, différentes solutions combinant des systèmes mixtes, solaire, éolien et thermique, ont été étudiées. La solution du générateur autonome avec une production solaire photovoltaïque a été retenue avec un générateur de secours fonctionnant au fioul. Les modules solaires ont été intégrés dans le toit, à la place des ardoises. Source : ADEME
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![]() © ADEME/O. Sbart |
La filière bois-énergie
Le bois a longtemps été la seule source d’énergie à la disposition des hommes pour leurs besoins domestiques et industriels. Cette prédominance a fini par se traduire par une surexploitation des bois et des forêts dans le courant du 18e siècle.
Avec la découverte du charbon puis du pétrole et du gaz naturel, le bois a progressivement été relégué à une fonction de chauffage en milieu rural. En France la production de bois-énergie reste néanmoins importante (4 à 5% de la consommation énergétique totale).
Au 19e siècle, la forêt ne couvrait que 5,2% du territoire départemental, cependant un important effort de reboisement a été entrepris après la 2nde Guerre Mondiale. La forêt couvrait ainsi 16,6% du Morbihan en 2003.
Pour en savoir plus : consultez la rubrique Bois et Forêts de l'Atlas de l'Environnement du Morbihan
La ressource forestière est donc en augmentation et son exploitation devient une nécessité, non seulement pour produire du bois d’œuvre, mais également pour améliorer la qualité et l’état sanitaire des boisements. C’est pourquoi la filière bois-énergie s’intègre dans une logique d’exploitation et de valorisation de la ressource globale.
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La réalisation d’un premier programme bois-énergie en Bretagne (1995-1999) a permis de développer de façon significative la filière. Les partenaires engagés ont donc décidé de le reconduire pour la période 2000-2006. L’objectif fixé était d’atteindre une puissance installée de 20 MW en 7 ans, soit 700 kW par an et par département (ou 5 MW par département à la fin du programme). En septembre 2004, le département comptait 8 chaudières bois à alimentation automatiques (dont 3 réalisées dans le cadre du programme bois énergie) d'une puissance installée totale de 7,3 MW. Les objectifs du programme étaient donc déjà atteints. A l'issue du programme (fin 2006), le département comptait :
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Serres municipales de Kerdroual à Lorient |
Cela représente une puissance installée totale de 12,8 MW (dont les installations réalisées en dehors du programme Bois Energie).
Carte : Chaufferies bois à alimentation automatique - Format SVG
Source : ADEME Bretagne
Le département compte également 23 chaudières de petite puissance chez des exploitants agricoles pour une puissance installée cumulée de 1,08 MW. Ces chaudières ont essentiellement 3 types d'utilisation :
- chauffage de l'habitation principale,
- chauffage de plusieurs habitations (gîte et habitation principale par exemple),
- chauffage ou eau chaude pour les bâtiments d'élevage, en complément, ou non, de l'habitation principale.
Au niveau régional, les objectifs du plan ont été largement dépassés puisque, fin 2006, on comptait 52 chaudières installées avec le soutien du plan (collectivités et industries) pour une puissance installée cumulée de 39 MW.
Pour plus d'informations : site internet de l'AILE
Le bois représente l’énergie renouvelable qui remplace le plus avantageusement les combustibles fossiles. Il contribue à combattre le réchauffement climatique car, contrairement à l’énergie issue de combustibles fossiles, les émissions de CO2 produites lors de la combustion sont réabsorbées par les forêts en croissance.
L’utilisation de 4 m3 de bois permet ainsi d’économiser 1 tonne de pétrole et d’éviter l’émission de 2,5t de CO2 dans l’atmosphère. La filière bois-énergie pourrait également être un débouché pour le bois de rebus non souillé. Enfin, elle permet d’améliorer la gestion du patrimoine forestier et de stimuler l’économie et l’emploi local.
Source : Ciele
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Par ailleurs, le chauffage au "bois bûche" est encore largement utilisé pour le chauffage domestique en Bretagne en chauffage principal ou d'appoint. Les rendements énergétiques des appareils de chauffage au bois bûche sont extrêmement variables : une cheminée à foyer ouvert atteint ainsi difficilement les 20% de rendement, tandis que les insert peuvent atteindre 50% et les meilleures chaudières bûches 70% de rendement. En 2006, le prix du stère de bois (1 m3 de bois) façonné et livré en bûches de 50 cm était aux alentours de 60/70€ en Bretagne (Chambres d'Agriculture de Bretagne : Collectif, 2006c). |
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Les agrocarburants
La surface de colza énergétique a augmenté en Bretagne de plus de 52% entre 2003 et 2006. Le Morbihan, avec 6 857 ha en 2006 (soit une production énergétique de 9,4 ktep) présente la plus forte évolution.
La transformation en diester est réalisée en dehors de la région. La production de colza diester en Bretagne, comme ailleurs en France, entre dans une logique de valorisation des "grandes cultures" et devrait se développer dans les années qui viennent.
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Evolution des surfaces de colza (en hectares)
![]() Agreste Bretagne (Anonyme, 2007) |
La production d'huile pure à la ferme concerne d'avantage les éleveurs. Le plus souvent, les graines sont pressées sur place par une presse mobile, le plus souvent utilisée en CUMA (Coopérative d'Utilisation de Matériel Agricole). Le Morbihan est ainsi équipé de plusieurs presses mobiles. Il y a également des agriculteurs qui se sont équipés de presses à colza en individuel (Chambres d'Agriculture de Bretagne : Anonyme, 2006c).
Le biogaz
Le biogaz est produit lors du processus de méthanisation de la matière organique. Il est principalement composé de méthane, tout comme le gaz naturel, et d'autres gaz à l'état de traces (dioxyde de carbone, hydrogène sulfureux...).
Le biogaz peut être utilisé brut et valorisé sous forme de chaleur ou d"électricité. Raffiné, il peut être utilisé comme carburant ou injecté dans le réseau de gaz naturel.
Source : Ciele
En Bretagne, compte tenu des conditions tarifaires, la production de biogaz est autant développée dans une optique de traitement des déchets que dans celle de production d'énergie. En 2003, il existait quelques projets de méthanisation en Bretagne ; cependant, il n'y avait pas de sites dans le Morbihan.
Pour plus d'information sur les projets de méthanisation en Bretagne : voir ADEME Bretagne
La valorisation énergétique des déchets
Le département du Morbihan comptait en 2007 deux Unités d'Incinération des Ordures Ménagères (UIOM) : l'UIOM de Plouharnel et celle de Pontivy. Seule l'installation de Pontivy bénéficie d'un système de valorisation énergétique sous forme de vapeur.
En 2005, plus de 29 000 t de déchets ont été incinérés dans l'UIOM de Pontivy. Cela a permis de produire 70 895 t de vapeur, ce qui représente environ 198 435 GWh. La vapeur est vendue à deux industriels voisins : France Gras (fabrication d'huiles et de graisses brutes) et la Société Laitière de Pontivy. En 2005, près de 70% de la vapeur produite a ainsi pu être valorisée.
Pour en savoir plus : consultez la rubrique Déchets de l'Atlas de l'Environnement du Morbihan
Réponses apportées :
- Aller à : Contexte
- Aller à : Synthèse et enjeux : la maîtrise de l'énergie
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