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Contexte

Avertissement : Pour une meilleure compréhension, nous vous conseillons de consulter, au préalable, la page relative aux définitions et aux conversions d'unités.

Ces 20 dernières années n’ont été marquées par aucune crise énergétique grave comparable aux deux chocs pétroliers de 1973 et 1979. Cependant, l’attention que porte la communauté internationale aux questions énergétiques s’est récemment accrue en raison des préoccupations suscitées par le risque de changement climatique et par les limites des réserves d’énergie fossiles.

Energie et environnement sont ainsi devenus indissociables. En dehors des impacts sur le réchauffement de la planète, la production et l’utilisation d’énergie ont de multiples impacts sur l’environnement, à l’échelle locale comme au niveau planétaire : épuisement des ressources, pollution de l’air, prélèvements d’eau, déchets, risques technologiques, etc.

 

Contexte européen

Contexte français

 Contexte breton

 

 

Contexte européen

Avec une consommation d’énergie primaire de 1513 Mtep  en 2003, l’Union Européenne est le second consommateur mondial, derrière les Etats-Unis. Cette consommation est couverte à 41% par le pétrole, 22% par le gaz naturel, 16% par des combustibles solides (lignite, charbon, tourbe), 15% par le nucléaire et 6% par les énergies renouvelables.

Malgré les progrès considérables de leur exploitation, les réserves énergétiques conventionnelles européennes demeurent très faibles et leur extraction coûteuse. Dans l’avenir, une baisse tendancielle rapide des ressources énergétiques fossiles est à prévoir (Commission Européenne : Anonyme, 2001).

 

Carte des réserves énergétiques mondiales (1er janvier 2003)

 

La dépendance énergétique de l’Union Européenne est en croissance continue (la demande énergétique augmente de 1 à 2% par an depuis 1986) et, à l’heure actuelle, elle couvre 50% de ses besoins à partir de produits importés. Si rien ne change, ce taux pourrait atteindre 70% avant 2030, c’est pourquoi la sécurité de l’approvisionnement est le principal objectif de la politique énergétique européenne (Commission Européenne : Anonyme, 2001).

 

Evolution de la production primaire et de la consommation primaire énergétique
de l'Union Européenne (15 pays) en Mtep

graphique évolution de la consommation primaire
Consommation primaire
graphique évolution de la production primaire
Production primaire

Contexte français

En 2005, le secteur de l’énergie représentait en France :

  • 2,5 % du PIB,
  • 19% des investissements industriels,
  • 230 000 emplois (directs et indirects).

La mise en place du programme nucléaire a permis un accroissement de la production nationale d’énergie primaire (138 Mtep en 2005), alors même que la production de gaz naturel poursuit son déclin et que celle du charbon s’est définitivement arrêtée en avril 2004 (Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie MINEFI : Anonyme, 2006a).

Production d’énergie primaire en France (Mtep)

ENRt : Energies renouvelables thermiques : bois de chauffage, déchets urbains et industriels renouvelables, géothermie valorisée sous forme de chaleur, solaire thermique actif, résidus de bois et de récolte, biogaz, agrocarburants et pompes à chaleur. L’électricité d’origine hydraulique, éolienne, solaire photovoltaïque et géothermique, bien que renouvelable, est classée dans « électricité ».

 

En 2005, on trouvait en France :

  • 13 raffineries 
  • 59 tranches nucléaires
  • 0,01% des réserves fossiles mondiales : 16,5 Mt de pétrole brut (contre 22 Mt en 2004), 0,4 Mt de produits pétroliers extraits du gaz naturel et 7 milliards de m3 de gaz naturel commercialisable.

La consommation française d’énergie primaire représentait en 2005 17% de la consommation européenne (UE à 15) et 2,6% de la consommation mondiale (MINEFI : Anonyme, 2006a).

Consommation finale énergétique française par secteur d’activité (Mtep)

MINEFI (Anonyme, 2006a)

En 2005, le taux d'indépendance énergétique de la France s'établissait à 49,8% (contre 23% en 1973). Afin de compléter sa production elle importe principalement du pétrole (de l’ordre de 68% des importations énergétiques), du gaz naturel (23%) et du charbon (7%).

Evolution de la consommation primaire et de la production
primaire énergétique en France (en Mtep) 


 MINEFI (Anonyme, 2006a)

Selon les estimations de l’Observatoire de l’Energie, les émissions de CO2 dues à la production et la consommation d’énergie s’élevaient à 105,5 Mt de carbone (1) en 2004. Le principal secteur producteur est celui des transports avec 41 Mt de carbone émises. Les émissions de CO2 liées au secteur de l'énergie affichent une tendance à la hausse de 0,2% par an depuis 1990 ce qui conduit à un dépassement de plus de 3% par rapport au niveau de référence de 1990 mais aussi une baisse d'environ 23% depuis 1980.

 

1] Chiffre corrigé du climat : le principe de calcul admet que la consommation de chauffage est proportionnelle à la rigueur de l’hiver (méthode de calcul de l’Observatoire de l’Energie).

Source : MINEFI

Contexte breton

En 40 ans, la consommation énergétique bretonne a plus que quadruplé. Elle représente un peu moins de 4% de la consommation française avec une consommation finale de 6849 ktep en 2005.

La Bretagne est grande consommatrice de produits pétroliers (58,4% de la consommation globale contre 50,1% pour la moyenne française). En revanche, la consommation de gaz naturel est nettement inférieure à la moyenne française (17,3% contre 24,6%) ainsi que la contribution du bois (4% contre 6%) (ICE, GREEN et ADEME : Anonyme, 2005c et DRIRE Bretagne : Anonyme, 2006b).

 

La consommation énergétique finale par secteur en 2002

Bretagne France
Résidentiel - Tertiaire 43,2% 39,5%
Transports 38,3% 32,5%
Industrie 13,6% 26%
Agriculture 4,9% 2%

DRIRE Bretagne (Anonyme, 2006b)

La production énergétique bretonne est essentiellement de nature électrique et ne couvre que 5% de ses besoins en électricité et 1,2% de ses besoins totaux en énergie (électricité, gaz naturel et produits pétroliers). La Bretagne est donc fortement dépendante de ses approvisionnements extérieurs et couvre ses besoins en important de l'électricité depuis des centrales EDF implantées dans d'autres régions (centrales thermiques de Cordemais, centrales nucléaires de Flamanville et de la vallée de la Loire) .

 

Production annuelle nette et consommation finale annuelle d'électricité en Bretagne (en ktep)

Evolution de la consommation finale d'électricité
Consommation finale
Evolution de la production finale d'electricité
Production finale
DRIRE Bretagne (Anonyme, 2002b, 2003b, 2004b, 2005b et 2006b)

 

La plus grande unité de production d'électricité en Bretagne est l'usine marémotrice de la Rance (Ille et Vilaine), secondée dans les périodes de pointes par les turbines à combustion de Brennilis et Dirinon (Finistère) fonctionnant au gaz.

En 2005, la production d'électricité se partagait donc de la manière suivante (DRIRE Bretagne : Anonyme, 2006b) :

  • Hydraulique : 57,7%
  • Eolien et autres énergies renouvelables (solaire photovoltaïque et géothermie) : 9,6%
  • Thermique dont cogénération et énergies renouvelables thermiques (ENRt) : 32,6%

 

Pour adapter la production à la consommation, on utilise différemment les centrales électriques, suivant leur technologie (Région Bretagne : Collectif, 2006b) :

  • Le nucléaire est utilisé comme base, il produit en permanence la même quantité d'énergie et ne peut ajuster sa production que très lentement.
  • Les centrales de Cordemais (2 tranches charbon de 600 MW chacune et 1 tranche fuel de 700 MW) sont utilisées en semi-base, leurs régimes sont ajustés en fonction des fluctuations moyennes de la consommation.
  • L'énergie éolienne est variable, il n'est pas possible de prévoir la production, elle est donc consommée à proximité immédiate de l'endroit où le parc éolien est raccordé sur le réseau. Lorsque que le vent est particulièrement fort, le surplus passe par le réseau de transport et alimente quelques postes sources voisins.
  • L'énergie hydraulique (usine marémotrice de La Rance) est utilisée "au fil de l'eau", elle ne peut pas participer à l'ajustement de l"équilibre production/consommation car elle ne produit de l'électricité que lorsque le courant de la marée est suffisant. En revanche sa production est prédictible sur le long terme, avec les horaires des marées.
  • Les turbines à gaz de Brennilis et Dirinon sont des centrales de pointe : c'est l'ultime réserve de puissance qui permet de subvenir aux variations brusques et aux pointes maximales.

 

La Bretagne produit également des agrocarburants, essentiellement à partir de colza. Les surfaces cultivées sont en forte progression passant de 13 000 ha en 2003 à 28 732 hectares en 2006 (soit une production énergétique de 39,4 ktep). Cela représente une augmentation de plus de 52% en 4 ans. La raison principale de cet essor est la politique incitative menée par les pouvoirs publics depuis 2004 (Agreste Bretagne : Anonyme, 2007).
Cependant les opérations de transformation sont réalisées en dehors de la région. Cette production énergétique n'est donc pas comptabilisée dans les chiffres de production régionale.

Par ailleurs, un tiers des ménages bretons se chauffent totalement ou partiellement au bois. La consommation annuelle de bois de chauffage en Bretagne est estimée à 2,8 millions de stères (environ 930 000 t de bois) soit l'équivalent de 400 ktep (Bretagne Environnement).


 


Activités humaines et pressions sur l'environnement :

 

ODEM - Observatoire Départemental de l'Environnement du Morbihan / Juin 2007