Définitions
Les différentes classes de déchets
On distingue de nombreux types de déchets, de nature et d'origine très variables, c'est pourquoi il existe différentes méthodes de classement. Cependant on distingue en premier lieu les déchets dangereux et les déchets non dangereux.
Les déchets dangereux sont les déchets qui présentent une ou plusieurs des propriétés suivantes :
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Une liste unique européenne des déchets dangereux et non dangereux a été créée. Cette liste établit une nomenclature à 6 chiffres dont le principe de classement est basé sur l’origine de production des déchets et sur l’origine du produit qui a engendré le déchet.
Les déchets dangereux y sont signalés par un astérisque.
Nomenclature européenne des déchets : site de l’ADEME
Il existe une autre classification des déchets, moins précise mais d’usage plus courant. On distingue principalement :
- les déchets ménagers et municipaux
- les déchets industriels banals (DIB)
- les déchets inertes
- les déchets industriels spéciaux ou dangereux (DIS)
- les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI)
- les déchets de l’agriculture
- les déchets radioactifs
- Les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE)
Les déchets ménagers regroupent les ordures ménagères (OM) et les encombrants. Les ordures ménagères au sens strict sont elles même composées, d’une part des déchets collectés sélectivement, et d’autre part des matériaux collectés en mélange (appelés OM résiduelles ou brutes).
Source : site internet ADEME
Les déchets municipaux
Il s'agit des déchets dont l'élimination relève de la compétence des communes, c'est-à-dire les déchets ménagers, les déchets des collectivités (déchets du nettoiement, de l’assainissement collectif et déchets verts) et une partie des Déchets Industriels Banals.
Source : site internet ADEME
Les Déchets Industriels Banals (DIB)
Les DIB se classent dans de nombreuses rubriques de la nomenclature européenne. Ils sont, en effet, présents dans toutes les activités et sont souvent collectés avec les déchets ménagers, c’est pourquoi on parle également de déchets assimilés aux déchets ménagers. Il existe différents types de DIB : verre, métaux, plastiques, caoutchouc, cuir, carton, bois ou DIB en mélange.
Les DIB se définissent de façon négative, ils sont :
- non ménagers : produits hors domicile ou lors d’une activité professionnelle,
- non identifiés comme dangereux (décret 2002-540 du 18 avril 2002 relatif à la classification des déchets),
- non inertes.
Source : site internet ADEME
La directive européenne 1999-31 du 26 avril 1999 définit ainsi les déchets inertes:
Il s’agit de déchets qui ne subissent aucune modification physique, chimique ou biologique importante au cours du temps. Les déchets inertes ne se décomposent pas, ne brûlent pas et ne produisent aucune autre réaction physique ou chimique, ne sont pas biodégradables et ne détériorent pas d'autres matières avec lesquelles ils entrent en contact, d'une manière susceptible d'entraîner une pollution de l'environnement ou de nuire à la santé humaine.
Les déchets inertes proviennent principalement des chantiers des travaux publics et du bâtiment. Les principaux matériaux pouvant être à leur origine sont donc :
- le béton, le ciment,
- les enrobés bitumineux sans goudrons,
- les terres cuites (céramique, carrelage, tuile, brique…),
- les matériaux minéraux naturels (pierre, marbre, grès, ardoise…),
- le verre : vitrage sans châssis, non armé,
- certains matériaux d'isolation : laine de verre, laine de roche,
- les terres et matériaux de terrassement.
Source : site internet ADEME
Les Déchets Industriels Spéciaux (DIS)
Ce sont les déchets dangereux autres que les déchets dangereux des ménages et les déchets des activités de soins à risque infectieux. On parle également de déchets industriels dangereux.
On distingue 4 familles de DIS :
- les résidus d’épuration des fumées des usines d’incinération des ordures ménagères (REFIOM)
- les solvants
- les huiles usagées
- les autres types de DIS : bains de traitement de surface, eaux usées ou boues d’épurations chargées, résidus d’épuration, ...
Source : site internet ADEME
Les farines animales :
Les farines animales ont un statut particulier car elles sont considérées à la fois comme des déchets agricoles et comme des déchets de l’industrie agroalimentaire. Elles sont donc parfois classées avec les déchets agricoles.
Au regard de la réglementation, les farines animales sont surtout des déchets dangereux (décret n°2002-540 du 18-04-2002) qui doivent être éliminés sans mettre en danger la santé de l'homme et sans porter préjudice à l'environnement.
Il existe deux catégories de farines animales (DRIRE, 2004) :
- les farines animales à haut risque, fabriquées à partir des cadavres, saisies d'abattoir et matériaux à risque spécifié, interdites depuis 1996 en alimentation animale. Elles représentent environ 15 % de la production totale et doivent être incinérées,
- les farines animales à bas risque, provenant du cinquième quartier (résidus d'abattoir et ratés de production), retirées de la filière d'alimentation animale, à l'exception des animaux de compagnie.
Les Déchets des Activités de Soins à Risque Infectieux (DASRI)
Les déchets des activités de soins à risque infectieux sont les déchets tranchants/piquants/coupants destinés à l’abandon (qu’ils aient été, ou non, en contact avec un produit biologique), les produits sanguins à usage thérapeutique incomplètement utilisés ou arrivés à péremption, les compresses souillées, les déchets anatomiques humains (ou animaux) non aisément identifiables et certains déchets de laboratoire (milieux de culture, prélèvements...).
Ils peuvent présenter divers risques (infectieux, toxique, chimique, mécanique...) qu’il convient de maîtriser pour protéger les patients, le personnel de santé, les agents chargés de l’élimination des déchets et l’environnement.
On distingue 3 catégories de DASRI en fonction de leur origine :
- les déchets des établissements de soins et assimilés (secteurs hospitalier, pharmaceutique, de la recherche et de l’enseignement),
- les déchets produits par les professionnels en exercice libéral et les laboratoires d’analyses médicales,
- les déchets des ménages : produits par toute personne hors intervention d’un professionnel (diabétiques, insuffisants rénaux et respiratoires, victimes de maladies virales comme le SIDA ou l’hépatite, etc).
Les deux dernières catégories sont également appelées « producteurs diffus » de DASRI.
Les DASRI sont classés parmi les déchets industriels spéciaux depuis le 1er janvier 1998 (décret n° 97-517 du 15 mai 1997 abrogé par le décret n°2002-540 du 18 avril 2002).
Source : site DRASS Bretagne
On distingue différents types de déchets issus de l’agriculture.
Les déchets organiques :
Il s’agit de l'ensemble des résidus ou sous-produits organiques engendrés par l'agriculture : déjections animales, invendus de fruits et légumes, résidus de culture...
Les déchets exogènes agricoles :
Ils regroupent les déchets issus du fonctionnement des exploitations agricoles à l’exclusion des sous-produits générés naturellement dans le cycle de production (effluents d’élevage notamment...). On distingue :
- les DIB : films plastiques fins (films de paillage, films de chenille...), films plastiques épais (bâches d’ensilage, films de serre...), sacs d’engrais ou de terreau, pneumatiques, ferrailles...
- les DIS : produits phytosanitaires non utilisés, huiles usagées, batteries, bidons vides ayant contenu des produits phytosanitaires...
Source : site internet ADEME Bretagne
L'utilisation de la radioactivité génère des déchets radioactifs que l’on classe selon 2 critères :
- Intensité de la radioactivité : elle conditionne l’importance des protections à mettre en place pour bien gérer les déchets.
- Durée de vie de la plupart des radioéléments contenus : elle définit leur durée de nuisance potentielle.
On distingue donc 8 catégories de déchets radioactifs :
- déchets de très faible activité à vie courte (moins de 30 ans) et à vie longue (plus de 30 ans),
- déchets de faible activité à vie courte et à vie longue,
- déchets de moyenne activité à vie courte et à vie longue,
- déchets de forte activité à vie courte et à vie longue.
Source : site internet ANDRA
Les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE)
Les équipements électriques et électroniques sont des équipements qui fonctionnent grâce à des courants électriques ou à des champs magnétiques, c’est-à-dire tous les équipements fonctionnant avec une prise électrique, une pile ou un accumulateur.
On distingue principalement :
- les produits blancs : appareils électroménagers de lavage, cuisson et conservation,
- les produits bruns : appareils audiovisuels (télévision, magnétoscope, hi-fi...),
- les produits gris : équipements informatique et bureautique (micro-ordinateurs, fax, téléphonie...),
- les autres équipements qui n’entrent pas dans ces catégories tels que l’outillage, les jouets etc.
Les DEEE, qu’ils soient d’origine domestique ou professionnelle, sont, dans la majorité des cas, des déchets dangereux car ils contiennent des composants ou substances qui peuvent être néfastes pour l’environnement ou la santé humaine. Ce sont des déchets variés et de composition complexe, une composition type ne peut donc pas être définie. Cependant, on y trouve essentiellement :
- des métaux : ferreux et non ferreux,
- des matériaux « inertes » : verre, bois...
- des plastiques contenant ou non des retardateurs de flamme halogénés,
- des composants spécifiques :
- gaz réfrigérants (gaz à effet de serre),
- piles et accumulateurs,
- tubes cathodiques,
- condensateurs aux PCB (polychlorobiphényles : substances classées comme probablement cancérogènes pour l’homme), cartes électroniques,
- écrans à cristaux liquides,
- relais ou commutateurs au mercure,
- câbles...
Les DEEE doivent impérativement être dépollués avant tout type de traitement : mis en décharge ou incinérés, ils peuvent dégager des émanations toxiques pour l’environnement et la santé humaine. Par ailleurs, de nombreuses fractions des DEEE sont recyclables.
Source : site internet ADEME
Traitement thermique des déchets
C’est le traitement des déchets par l’action de la chaleur. On distingue l’incinération et la pyrolyse ou thermolyse.
L’incinération est un traitement basé sur la combustion avec excès d’air. Il peut être fait avec ou sans valorisation énergétique.
La pyrolyse ou thermolyse est un traitement thermique avec un apport d’air limité, l’oxydation des déchets est incomplète. Dans certains cas, ces procédés génèrent un sous-produit combustible qu’il faut traiter de façon appropriée.
A la sortie de la chaudière, les fumées contiennent des polluants qu’il faut capter : poussières, gaz, acides, métaux lourds, dioxines... Une installation de traitement des fumées permet de les épurer grâce à différents modules :
- dépoussiérage,
- neutralisation des gaz,
- traitement des dioxines et furanes,
- traitement des oxydes d’azote.
Le traitement thermique des déchets génère les sous produits suivants :
- des mâchefers : résidus solides issus de la combustion,
- des métaux,
- des REFIOM (résidus d’épuration des fumées d’incinération des ordures ménagères).
Les mâchefers et les métaux peuvent être valorisés, les REFIOM doivent être stockés dans un Centre Technique d’Enfouissement de classe 1.
La chaleur dégagée par la combustion des ordures peut être récupérée sous forme de vapeur, par passage des fumées au travers des tubulures de chaudières.
La vapeur ainsi produite peut être valorisée par 3 voies :
- alimentation d’un réseau de chauffage urbain ou distribution à des entreprises ou établissements publics (rendement jusqu’à 90%),
- co-génération : production de chaleur et d’électricité (rendement jusqu’à 80%),
- transformation en électricité à l’aide d’un turboalternateur (rendement jusqu’à 35%).
Source : site internet ADEME
Traitement biologique des déchets
Procédé contrôlé de transformation par des micro-organismes des déchets fermentescibles en un résidu organique à évolution lente. On distingue le compostage et la méthanisation.
Le compostage est un procédé aérobie (en présence d’oxygène) de traitement des déchets. Il peut être réalisé par les ménages (compostage individuel), dans des installations simples (compostage de proximité) ou à plus grande échelle, dans des installations de moyenne ou grande capacité.
Le compostage permet la transformation des déchets en compost qui pourra être valorisé comme amendement organique ou support de culture, incinéré ou stocké.
La méthanisation est un traitement anaérobie des déchets fermentescibles (en absence d’oxygène). Elle conduit à la production de biogaz qui peut être valorisé sous forme de chaleur ou d’électricité et d’un digestat organique qui peut être utilisé comme amendement. Le traitement des déchets fermentescibles par méthanisation est cependant peu développé en France.
Source : site internet ADEME
On entend par centre de stockage une installation aménagée pour le dépôt de déchets sur le sol ou leur enfouissement. Les dépôts temporaires sur le lieu de production ou de collecte et les installations où transitent les déchets en vue de leur élimination, dès lors que le temps de séjour des déchets sur ces sites est inférieur à un an, ne constituent pas des centres de stockage. Depuis le 1er juillet 2002, seuls les déchets ultimes sont admis en centre de stockage (loi du 13 juillet 1992).
En France, on distingue 3 catégories de centres de stockage :
- les centres de classe 1 pour les déchets dangereux (DIS) nécessitant une autorisation préfectorale au titre de la législation sur les ICPE,
- les centres de classe 2 pour les déchets non dangereux (DIB et déchets ménagers) qui nécessitent également une autorisation préfectorale,
- les centres de classe 3 pour les déchets inertes qui nécessitent une autorisation municipale.
Les centres de stockage doivent répondre à un certain nombre d’exigences :
- confinement,
- isolement du site,
- collecte et traitement des effluents,
- prévention des risques et responsabilités,
- surveillance des sites.
Il existe encore de nombreux sites de stockage ne répondant pas à ces exigences ou fonctionnant sans autorisation :
- Les décharges sauvages (dépôt illégal de déchets sans autorisation)
- Les décharges brutes municipales (dépôt de déchets non inertes exploité par une municipalité sans autorisation préfectorale).
Les décharges brutes ne possèdent aucune protection efficace vis à vis de leur environnement et peuvent provoquer des nuisances durables pour l'homme, les eaux, le milieu naturel et le paysage. En effet, la décharge reste un système évolutif du fait de la lente dégradation des déchets qui y sont enfouis (celle-ci peut atteindre plusieurs décennies).
Source : site internet ADEME
Opération visant à introduire les matériaux provenant des déchets dans le cycle de production en remplacement total ou partiel d’une matière première vierge.
Principales applications :
- Recyclage de l’acier : pour la fabrication d’acier à partir de ferrailles récupérées (incorporation jusqu’à 100% pour la fabrication en fours électriques et jusqu’à 30% pour la fabrication en hauts fourneaux).
- Recyclage de l’aluminium : l’aluminium est récupéré, broyé, fondu et affiné de manière à produire de l’aluminium liquide ou en lingots. L’aluminium recyclé est principalement utilisé dans la fabrication de pièces moulées pour l’industrie automobile.
- Recyclage du carton : les papiers cartons récupérés sont mis en suspension dans un milieu aqueux et réduits à l’état de fibres, puis les éléments indésirables sont épurés. Le carton recyclé entre à plus de 80% dans la fabrication de nouveaux cartons d’emballage et les journaux magazines recyclés à plus de 60% dans la fabrication de papier journal.
- Recyclage du plastique : le PET (polyéthylène triphtalate) provenant des bouteilles de boissons est transformé en fibres de rembourrage, vêtements ou mousse. Le PE (polyéthylène) provenant des flacons entre dans la fabrication de bidons, de tuyaux ou de bacs de collecte.
- Recyclage du verre : le verre récupéré est broyé, purifié et fondu, il est introduit à la place du sable, de la chaux et de la soude à plus de 80% dans le processus de production de verre ce qui permet des économies importantes.
Source : site internet ADEME
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