| Face aux multiples enjeux relatifs à l’espace rural (Cf. en particulier les chapitres : “Les milieux naturels”, “Le paysage”, “La population et l’occupation du territoire”, “L’agriculture”, “Les usages de la forêt”, “L’atteinte à l’eau et aux milieux aquatiques”...), | les opérations d’aménagement foncier d’une part, et les politiques en faveur du bocage et de la forêt d’autre part peuvent contribuer à apporter des éléments de réponse. |
L'aménagement foncier
Le cadre juridique
Le cadre juridique des aménagements fonciers a progressivement évolué depuis la loi sur le remembrement du 11 juillet 1975. La loi relative au développement des territoires ruraux (dite loi DTR) du 23 février 2005 a redéfini et réorganisé en profondeur ces procédures. Tout d’abord, la loi renforce la logique d’une meilleure prise en compte de l’environnement dans la conduite des aménagements fonciers. En particulier, les objectifs de ces procédures sont dorénavant, avec la même importance :
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Les grandes étapes de l'opération d'aménagement foncier agricole et forestier
Figure 1 : Les grandes étapes de l'opération d'aménagement foncier CCAF : Commission Communales d'Aménagement Foncier |
L’opération d’aménagement foncier agricole et forestier comporte 4 grandes étapes (Cf. Figure 1), au cours desquelles interviennent plusieurs acteurs (communes, bureaux d’études, services de l’Etat…) :
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La charte de la politique départementale d'aménagement foncier
| La loi DTR ayant transféré la compétence “aménagement foncier” de l’Etat aux Départements, le Conseil général a pris l’initiative d’élaborer une charte de la politique départementale d’aménagement foncier. Ce document, adopté en 2008 par l’Etat, le Département du Morbihan et l’association des maires et des présidents d’EPCI du Morbihan, a pour objet, en complément du dispositif législatif et réglementaire, de fixer les objectifs et les moyens à mettre en oeuvre dans le Morbihan dans une optique d’aménagement durable du territoire rural. | La charte renforce en particulier la transparence des procédures, l’information des acteurs et la concertation avec les propriétaires et exploitants. Ainsi, plusieurs étapes de la procédure font l’objet de compléments permettant une meilleure consultation des acteurs concernés.
En outre, des actions d’information et de communication sont prévues tout au long de l’opération (rôle d’animation des prestataires, réunions, plaquettes…). Une étape d’évaluation de l’aménagement |
foncier réalisé a également été formalisée. La charte conforte par ailleurs la prise en compte des enjeux environnementaux, notamment par le biais des cahiers des charges des études (pré-étude, étude du projet, étude d’impact et étude d’évaluation).
D’autre part, outre l’application des mesures conservatoires prévues par la loi, une bourse d’arbres est systématiquement mise en place en fin d’opération pour assurer une meilleure protection du bocage. |
Bilan des opérations d'aménagement foncier réalisées ou en cours
| 195 communes morbihannaises ont déjà fait l’objet d’au moins une opération d’aménagement foncier achevée (Cf. Carte 1). | Des opérations sont en cours pour 22 autres, réparties entre les quatre étapes de l’opération, et 6 sont programmées (Cf. Figure 2). |
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Carte 1 : Communes ayant fait l'objet d'au moins une opération d'aménagement foncier terminée ou en cours |
| Les communes n’ayant pas conduit d’aménagement foncier sont principalement situées sur la frange littorale, probablement du fait d’une part relative des activités agricoles moins importante. |
Figure 2 : Etat d'avancement des procédures d'aménagement foncier |
Les opération d'aménagement du bocage
| Plusieurs procédures, impliquant divers acteurs à des échelons différents, visent à aménager ou à réhabiliter le maillage bocager par la création de talus et par la plantation ou la restauration de haies (Cf. Tableau 1). Il s’agit de contribuer à la préservation des différentes fonctions assurées par le bocage (Cf. chapitre : “Les milieux naturels”). |
Haie plantée dans le cadre de la politique départementale, |
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Tableau 1 : Principales procédures d’aménagement du bocage dans le Morbihan
Sources : Launay 2007 ; Chambre d’Agriculture |
| A ce jour, 108 communes morbihannaises disposent d’une étude préalable à la plantation de haies ou d’un schéma bocager, et ont réalisé des travaux d’implantation de haies ou de talus (Cf. Carte 2). Au total, 786 km de haies “à plat”, 31 km de talus et 157 ha de bosquet ont été créés dans le Morbihan dans le cadre de ces procédures de 1994 à 2008, avec le soutien financier du Département et l’accompagnement de la Chambre d’Agriculture.
Par ailleurs, d’autres procédures et mesures incitatives, sans que cela ne soit leur fonction première, intègrent des mesures concernant directement ou indirectement l’aménagement et la gestion du bocage : Mesures Agro-Environnementales (MAE), Plan Végétal Environnement (PVE), Contrat de bassin versant notamment (Cf. chapitre : “La protection et la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques”). |
Carte 2 : Communes disposant d'un schéma bocager et ayant fait l'objet de |
La gestion forestière
Les outils
| Afin d’assurer une production, mais également d’être entretenue au titre des fonctions sociale et environnementale qu’elle exerce, la forêt fait l’objet de nombreux travaux sylvicoles et aménagements annexes.
Pour une meilleure cohérence aux différentes échelles territoriales et une prise en compte d’une exploitation durable des forêts, plusieurs outils de gestion sont disponibles. Les grands principes s’appuient sur le schéma régional de gestion sylvicole de Bretagne, dans lequel les grandes orientations forestières de la forêt privée sont développées. |
Parmi les outils de gestion forestière les plus connus et les plus anciens, le plan simple de gestion (PSG) est élaboré pour une période de 10 à 20 ans et obligatoire pour les forêts privées de plus de 25 hectares d’un seul tenant.
Ce document décrit les objectifs de gestion et le programme annuel des travaux. Dans le Morbihan, au 31 décembre 2008, 185 propriétés soit 21 338 ha sont pourvues d’un PSG. A cette même date, 29 propriétés, d’une surface unitaire comprise entre 10 et 25 ha, font l’objet d’un PSG |
volontaire, soit une surface totale de 911 ha (source : CRPF).
Outre cette possibilité de réaliser un PSG volontaire, le propriétaire d’une forêt de moins de 25 ha peut également adhérer au Code de Bonnes Pratiques Sylvicoles (CBPS). Le respect des recommandations du CBPS garantit une gestion forestière durable. Dans le Morbihan, au 31 décembre 2008, 54 propriétaires ont adhéré au CBPS, pour 494 ha, ce qui représente, en surface, 12% de la part régionale. |
Figure 3 : Volume de bois certifié récolté en 2006 dans le Morbihan Source : DRAAF Bretagne, 2008 |
D’une manière plus générale, l’application des recommandations et règles sylvicoles fixées et inscrites dans les documents de gestion (PSG, CBPS), doivent permettre aux propriétaires de pouvoir prétendre à la labellisation de leurs bois. Deux labellisations internationales sont disponibles (PEFC et FSC). Le PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières) reste majoritaire au niveau national. Il assure à l’acheteur que le bois produit respecte les règles de durabilité. Dans le Morbihan, en 2009, 68 propriétaires privés pour une surface de 8 311 ha adhèrent au PEFC. A ce chiffre, il faut ajouter les 5 213 ha gérés par l’ONF.
Au fur et à mesure de la mise en oeuvre de cette certification, des bois certifiés sont récoltés (Cf. Figure 3). |
Les aides à la sylviculture et aux travaux d'amélioration des peuplements
| Parmi les actions menées en forêt, la plantation et les travaux d’amélioration des peuplements constituent les principales interventions. Les autres travaux portent sur l’amélioration de la desserte pour faciliter l’exploitation et le transport des bois, mais également la lutte contre les incendies. La création de points d’eau, le contrôle des promeneurs par des barrières et des panneaux d’affichage contribuent également à la gestion durable de la forêt.
Les propriétaires privés pour assurer les dépenses liées à ces interventions peuvent bénéficier d’aides, souvent croisées entre les collectivités locales et l’Etat. Lors du dernier programme national d’orientation agricole et forestier 2000-2006 (“Plan de Développement Rural National”), plusieurs lignes budgétaires concernaient spécifiquement la forêt. Dans le Morbihan, 207 hectares ont bénéficié d’aides pour le reboisement et la conversion en forêt, 337 ha pour des nouveaux boisements. Dans la même période, 770 ha ont reçu des aides pour des travaux d’amélioration (dépressage, élagage, taille de formation…). La réalisation d’environ 3 km de voies de desserte a également bénéficié d’aides pendant cette période. |
Le Programme de Développement Rural Hexagonal (PDRH) pour la période 2007-2013 inclut 3 mesures éligibles aux aides de l’Etat et du FEADER :
En complément, le dispositif d’aides du Département pour la période 2004-2008 rendait éligible les travaux d’amélioration des peuplements (première éclaircie résineuse, élagage, taille de formation, dépressage), les boisements, et la régénération artificielle des peuplements de pins maritimes. 76% des surfaces aidées concernent l’amélioration des peuplements (Cf. Figure 4).
Figure 4 : Répartition, en surface, des travaux sylvicoles aidés Source : DDEA 2009 |
Sources et liens
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