Le secteur de la construction
| Au cours des 10 dernières années, le secteur de la construction a connu une progression d’activité générale sur l’ensemble du territoire national mais dont l’ampleur varie d’une région à une autre. C’est principalement dans les régions du sud et de l’ouest que les progressions ont été les plus fortes.
De nombreux facteurs peuvent expliquer ces différences, parmi lesquels on peut citer :
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Dans le Morbihan, le secteur de la construction a ainsi progressé de 28% en termes d’emplois entre 1999 et 2006 pour atteindre 8% des emplois du département en 2006 (INSEE).
En 2007 et début 2008, malgré un contexte économique moins porteur, l’activité du secteur s’est maintenue pour se ralentir début 2009 (Luong, 2008 et CESR, 2009). |
Les bâtiments non résidentiels
| Le parc de bâtiments non résidentiels est caractérisé, dans le Morbihan, par la forte proportion de bâtiments agricoles (environ 37% des surfaces autorisées en 2007).
Viennent ensuite les bâtiments industriels, les bureaux et commerces et les locaux de santé et action sociale (Cf. Figure 1). La construction de locaux non résidentiels représente actuellement moins de la moitié des surfaces bâties, en Bretagne comme en France (www.bretagne.equipement.gouv.fr). |
Figure 1 : Nature des bâtiments non résidentiels autorisés en 2007 Source : Cellule Economique de Bretagne |
| Pourtant, après une baisse continue sur la période 1998-2004, la construction de locaux non résidentiels est repartie à la hausse (Cf. Figure 2).
C’est dans le secteur tertiaire (services, commerces, bureaux...) que les projets de construction se sont le plus développés, notamment les équipements collectifs dédiés à la santé avec plus de 215 000 m2 autorisés depuis 2006 (principalement à Lorient). |
Figure 2 : Evolution des surfaces des bâtiments non résidentiels autorisées Source : Cellule Economique de Bretagne |
Les logements
| En 2006, le parc total de logements dans le Morbihan s’élevait à environ 390 000 dont 74,5% de logements individuels et 25,5% de collectif. Le parc de logements du département est caractérisé par son faible taux de logements locatifs sociaux : 10% du parc en 2007 contre 16% au niveau national (France métropolitaine).
Le département présente également un taux de 17,2% de résidences secondaires, le plus élevé de Bretagne (12,2% en moyenne pour la région et 9,1% en France) - (DRE, 2008). Ces logements se situent principalement sur la frange littorale du département (Cf. Carte 1). |
Carte 1 : Nombre de résidences secondaires par commune |
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Par ailleurs, le nombre de personnes par logement diminue. Ainsi, en 1968, on comptait 323 logements pour 1 000 personnes ; 385 en 1990, et 417 logements en 1999 (CESR, 2007).
La surface moyenne des logements individuels augmente en parallèle (Cf. Figure 3). |
Figure 3 : Evolution de la surface moyenne des logements individuels Source : Bisault, 2008 |
L'essor des constructions individuelles |
| Depuis les années 1990, environ 7 000 nouveaux logements par an sont autorisés dans le département, avec une augmentation sensible du nombre de constructions autorisées entre 2002 et 2005.
En outre, depuis le milieu des années 90, l’écart se creuse entre le nombre de logements collectifs et le nombre de logements individuels autorisés chaque année (Cf. Figure 4). Cependant, depuis 2006 le nombre de permis de construire accordés pour les logements diminue. En 2008, 7 966 logements ont été autorisés en construction neuve dans le département soit 22,4% de baisse par rapport à 2007 (DRE, 2008). |
Figure 4 : Evolution du nombre de logements autorisés par an dans le Morbihan Source : Cellule Economique de Bretagne |
Le phénomène d'étalement urbain
L'extension des zones d'activités |
| Avec une croissance démographique de 1,1% par an depuis 2000, le Morbihan est un territoire attractif et voit l’urbanisation progresser chaque année.
En moyenne, 1 500 ha d’espaces agricoles seraient urbanisés chaque année (Carteau, 2008). D’après l’enquête TERUTI (Jean, 2004) les territoires artificialisés ont progressé de 34,4% entre 1992 et 2004 dans le département. Par “artificialisés” on entend les sols bâtis, les voies de communications et sols revêtus ou stabilisés mais également des sols non bâtis : les chantiers, décharges, terrains vagues, carrières, jardins d’agréments... |
Principalement localisée autour des grands centres urbains du littoral dans les années 90, l’urbanisation se déplace vers l’intérieur du département depuis les années 2000 en suivant les axes de communication. En effet, le département bénéficie d’un réseau routier dense et gratuit reliant les principales villes (Cf. chapitre : “Les infrastructures et les transports “) ce qui favorise la dispersion de la population (DRE, 2003).
L’extension des surfaces urbanisées, également largement liée à l’urbanisation de type pavillonnaire, est consommatrice d’espace, non seulement par la construction de bâtiments, mais également par tous les espaces associés. |
La construction de nouveaux logements et bâtiments non-résidentiels nécessite, en effet, la création de nouvelles infrastructures qui participent à l’artificialisation du territoire :
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| Finalement, la consommation d'espace résulte beaucoup plus de l'étalement urbain que de l'augmentation de la population (Cf. Figure 5), c'est-à-dire du développement de zones d'activité et résidentielles dispersées et de faible densité à la périphérie des zones urbaines (Source : Centre de documentation de l'Urbanisme).
La progression des surfaces artificialisées est également liée aux jardins d'agréments : ils représentent à eux seuls 30% des surfaces artificialisées supplémentaires entre 1992 et 2003 (Jean, 2004 et site internet Agreste Bretagne). |
Figure 5 : Evolution comparée des surfaces artificialisées et de la population Source : Cellule Economique de Bretagne |
Enjeux environnementaux
| L'étalement urbain est consommateur d'espace et s'accompagne d'une artificialisation des sols. Or celle-ci altère les milieux naturels et leur fonctionnement de différentes manières.
En premier lieu, l'urbanisation a un impact fort sur la biodiversité (Cf. chapitre : "Les milieux naturels").Outre la destruction d'espaces naturels, le "mitage" du territoire (éparpillement des constructions) fractionne et cloisonne les milieux naturels restants (Cf. Carte 2). |
La standardisation des constructions urbaines et rurales contribue également à un apauvrissement du paysage.
L'imperméabilisation des sols augmente par ailleurs le ruissellement des eaux de pluie et donc le risque de survenue et l'intensité de crues. Le ruissellement de l'eau sur les routes est aussi une source de pollution diffuse par des hydrocarbures. |
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Carte 2 : Ensemble du bâti (résidentiel et non résidentiel) dans le Morbihan en 2006 |
| En second lieu, l’étalement de l’habitat le long des axes de communication entraîne une augmentation des migrations pendulaires, qu’elles soient liées au travail, aux études, aux services, aux loisirs, etc. L’augmentation des distances à parcourir pose le problème des consommations d’énergie dans les transports et en particulier les énergies fossiles à l’origine d’émission de Gaz à Effet de Serre (GES). | Le secteur des transports est ainsi à l’origine de 54% des émissions de GES en Bretagne en 2007 (Observatoire de l’énergie et des gaz à effet de serre en Bretagne, 2009). -Cf. chapitres : “Les infrastructures et les transports” et “L’énergie”. |
Mitage et fragmentation de l'espace |
Enjeux sociaux
| Conséquence du développement urbain, les parcelles constructibles bénéficiant de la meilleure situation voient leur valeur augmenter considérablement. Ce phénomène d’augmentation des prix du foncier provoque une ségrégation des espaces et un déséquilibre social du territoire.
Ce critère foncier conduit aujourd’hui les populations plus jeunes, moins aisées à s’installer dans les secteurs retrolittoraux, péri-urbains ou en Morbihan intérieur. Le choix est fonction de la proximité de l’emploi, d’accès aux services, mais plus encore lié à la capacité à se loger. Les plus aisés s’installent préférentiellement dans les centres ville et sur le littoral. Ainsi, la proportion de ménages à revenus modestes augmente à mesure que l’on s’éloigne des pôles d’emploi vers la périphérie. |
Cet éloignement a des conséquences notamment financières pour les ménages avec l’augmentation des distances à parcourir pour atteindre les zones d’emploi, de services (commerces, écoles, santé...) ou de loisirs (CESR, 2007). Ce modèle, dans un contexte de hausse des prix du carburant, augmentant la part des dépenses relative aux déplacements pourrait fragiliser la situation des ménages les moins favorisés.
Enfin, les transports collectifs, dans cette situation d’étalement urbain, sont pour les collectivités difficiles à organiser et ne semblent pas, pour les ménages, une réponse suffisante à leurs problèmes de déplacements. |
Enjeux économiques
| Sur le plan économique également, l’extension des terrains urbanisés a des conséquences.
Ainsi, l’artificialisation des sols agit à différents niveaux (www.morbihan.fr et CESR, 2007) :
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Synthèse et enjeux
| Le Morbihan est un territoire attractif avec une progression démographique supérieure à 1% par an en moyenne depuis 2000. Le solde migratoire positif est le principal moteur de cette croissance et les projections réalisées à l’horizon 2030 prévoient un accroissement de la population départementale compris entre 9 et 15% selon les scenarii (source : INSEE).
Cette attractivité du territoire peut avoir des impacts négatifs et se traduire notamment par un développement important et mal maîtrisé de l’urbanisation majoritairement au détriment des terres agricoles ainsi que sur le littoral. Dans le département et plus largement en Bretagne, cet étalement urbain est exacerbé par l’attractivité du territoire et a des conséquences variées :
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Au niveau national, la lutte contre l’étalement urbain trouve sa place dans les objectifs du Grenelle de l’environnement. Il s’agit de protéger les espaces agricoles et naturels et de parvenir à une réduction importante des consommations énergétiques (dans les bâtiments et les transports) en favorisant la densification des espaces urbanisés afin de lutter contre la perte de biodiversité et les émissions de GES.
Secteur économique important du département, le bâtiment se trouve au premier plan de la politique de développement durable des collectivités territoriales. Il s’agit ainsi d’un des premiers champs d’expérimentation de la démarche d’Agenda 21 lancée par le Département. (Cf. chapitre : “Les approches transversales et le développement durable”). Par ailleurs, le Département et les services de l’Etat ont élaboré au Plan Départemental de l’Habitat paru fin 2009. Face aux perspectives de développement démographique et économique du Morbihan, ce plan vise à la définition d’une stratégie départementale mettant en cohérence les politiques de l’habitat menées localement (SCOT, PLU, PLH…) avec les autres politiques départementales (habitat social mais aussi eau, déchets, transports…). Par ailleurs, cette stratégie prend en compte, la qualité des bâtiments elle-même, qui constitue un enjeu majeur dans la maîtrise des émissions de GES et des consommations énergétiques (Cf. chapitre : “L’énergie”) et présente des intérêts dans d’autres domaines : économies d’eau, gestion des déchets, qualité de l’air intérieur, bruit, etc. L’intégration des critères du développement durable à l’aménagement du territoire et à l’urbanisme est donc devenue un enjeu fort. Il s’agit de prendre en compte l’ensemble des impacts d’une opération d’aménagement : aux niveaux économique, environnemental et social mais également sur la globalité du projet, depuis la conception jusqu’à la phase d’exploitation et d’habitation. |
Sources et liens
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www.cellule-eco-bretagne.asso.fr www.bretagne.equipement.gouv.fr www.cdu.urbanisme.equipement.gouv.fr www.legrenelle-environnement.fr |






