Un département dépendant
La consommation énergétique finale
| En 40 ans, la consommation énergétique a plus que quadruplé en Bretagne.
Elle représentait en 2007 un peu plus de 4% de la consommation nationale pour 5% de la population. Depuis le début des années 2000, on constate cependant une relative stabilisation de la consommation énergétique (Cf. Figure 1). Le département du Morbihan représente 22% de la consommation régionale avec une consommation énergétique finale de 1 444 kilotonnes d’équivalent pétrole (kTEP) en 2007. Elle se structure de la manière suivante :
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Figure 1 : Evolution de la consommation énergétique bretonne Source : Observatoire de l'énergie et des gaz à effet de serre, 2009 |
| La consommation énergétique du Morbihan a augmenté de près de 14% entre 1995 et 2007, avec cependant une relative stabilisation en 2006 et 2007 (Cf. Figure 2). |
Figure 2 : Evolution de la consommation énergétique finale du Morbihan Source : Observatoire de l'énergie et des gaz à effet de serre, 2009 et DRIRE Bretagne |
| Les secteurs les plus consommateurs sont, en Bretagne comme au niveau national, le résidentiel-tertiaire ainsi que les transports (Cf. Figure 3).
Par contre, la région est caractérisée par une consommation énergétique de l’agriculture beaucoup plus importante qu’au niveau national où sa part ne représente que 2% des consommations. Cette différence peut s’expliquer par la forte proportion d’élevages et de serres chauffés en Bretagne. |
Figure 3 : Consommation énergétique finale par secteur en Bretagne en 2007 Source : Observatoire de l'énergie et des gaz à effet de serre en Bretagne, 2009 |
La production d'énergie
| En 2008, la production d’énergie dans le Morbihan était d’environ 114 kTEP (soit 151 GWh), c’est-à-dire seulement 8% de ses besoins énergétiques totaux (Observatoire de l’énergie et des gaz à effet de serre en Bretagne, électricité livrée sur le réseau).
Il s’agit principalement d’énergie électrique car le département n’a pas de site de production de gaz naturel et de produits pétroliers. Le Morbihan est loin de couvrir ses besoins énergétiques ce qui le rend dépendant de ses approvisionnements extérieurs. Cependant, depuis 2003, la production d’électricité dans le département est en progression, notamment grâce au développement de l’éolien. En 2008, la part des énergies renouvelables (hydroélectricité, éolien et autres sources renouvelables) représentait ainsi 89% de la production électrique du département (Cf. Figure 4). D’après la base de données “Obstacles” de l’ONEMA, le département compterait 48 ouvrages de production d’hydroélectricité dont 8 sous le régime de la concession pour une puissance installée de 23,8 MW (ODEM, 2009). Les autres centrales hydroélectriques, sous le régime de l’autorisation, sont le plus souvent des installations de petite taille alimentant une habitation (Cf. Carte 1). La puissance installée globale du département en terme d’hydroélectricité peut être estimée à environ 25 MW (ODEM, 2009). - Cf. chapitre : “Les énergies renouvelables et les économies d’énergie” . |
Figure 4 : Sources de la production électrique du Morbihan en 2008 Source : Observatoire de l'énergie et des gaz à effet de serre en Bretagne, 2009
Carte 1 : Centrales de production d'hydroélectricité dans le Morbihan |
| Par ailleurs, le département est producteur d’agrocarburants, et notamment de diester à partir de colza.
En 2007, les surfaces de colza cultivées s’élevaient à environ 9 500 ha dans le Morbihan pour la production de diester (Cf. Figure 5). Enfin, le Morbihan produit également de la chaleur, via le bois-énergie. En 2008, il comptait 24 chaufferies bois à alimentation automatique qui ont permis la production de l’équivalent de 3 042 TEP (Cf. chapitre : “Les énergies renouve- lables et les économies d’énergie”). |
Figure 5 : Evolution des surfaces cultivées en colza énergétique dans le Morbihan Source : Agreste Bretagne |
L'approvisionnement énergétique du Morbihan
Centrale thermique à flamme (fioul et charbon) de Cordemais (44) |
En raison de l’absence de raffinerie en Bretagne, l’approvisionnement du dépar- tement en produits pétroliers est exclusivement réalisé par des productions extérieures :
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Enfin, concernant l’énergie électrique, la Bretagne est desservie par deux lignes électriques de 400 000 volts. Pour le département du Morbihan, l’essentiel de l’énergie électrique provient de la centrale thermique de Cordemais en Loire Atlantique (fioul et charbon).
Du fait de sa position géographique péninsulaire et du manque de moyens de production d’énergie régionaux, le réseau de transport de l’électricité de la Bretagne est très fortement sollicité : pertes en lignes et |
chutes de tension sont susceptibles de conduire à des délestages (coupure d’alimentation d’une partie du réseau) lors des appels de puissance importants (Région Bretagne, 2009).
Le réseau breton est ainsi l’un des plus fragiles de France et en cas de dysfonctionnement de la centrale de Cordemais, un risque de rupture de distribution électrique n’est pas à exclure lors des pics de consommation. |
Les impacts du secteur de l'énergie
Comme toute activité humaine, la production d’énergie peut avoir des conséquences pour l’environnement, y compris les modes de production d’énergie renouvelable (ADEME, CLER, 2002 et Ministère de l’Ecologie et du Développement durable, 2002) :
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C'est pourquoi la règlementation française prévoit la réalisation d’études d’impact lors de tout projet d’ouvrage ou d’aménagement susceptible de porter atteinte à l’environnement. Cette étude doit également présenter les mesures envisagées pour supprimer, réduire ou compenser les conséquences dommageables pour l’environnement (articles L122-1 et suivants du Code de l’environnement).
Les modes de production d’énergie renouvelable (éolien, hydraulique, photovoltaïque…) présentent toutefois un net avantage par rapport aux énergies fossiles (produits pétroliers, gaz, charbon) en terme d’impacts environnementaux. En effet, ils ne rejettent pas ou peu de gaz à effet de serre (GES) qui participent au réchauffement climatique de la planète. Les GES issus de la combustion des énergies fossiles représentent, quant à eux, les 3/4 des émissions d’origine anthropique. En luttant contre le réchauffement climatique, les énergies renouvelables participent donc au maintien à long terme de la biodiversité des milieux naturels. |
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Les émissions de gaz à effet de serre : Le secteur de l’énergie en Bretagne était responsable de l’émission de 14 305 kilotonnes de CO2 en 2007, soit 3,7% des émissions françaises liées au secteur de l’énergie. Plus de 80% de ces émissions provenaient des seuls secteurs des transports et du résidentiel (Cf. Figure 6). |
Figure 6 : Emissions de CO2 liées aux consommations énergétiques Source : Observatoire de l'énergie et des gaz à effet de serre, 2009 |
Voie urbaine à Vannes |
| Les émissions de CO2 liées aux consommations énergétiques sont globalement en augmentation depuis 1990, avec une légère baisse depuis 2001 (Cf. Figure 7).
A noter, toutefois, que seules les émissions ayant lieu sur le sol breton sont prises en compte. La production d’électricité dans des régions hors Bretagne et son approvisionnement sont également à l’origine d’émissions de GES. On parle alors d’émissions indirectes. Elles sont estimées à 1 650 kilotonnes pour 2007 (Observatoire de l’énergie et des gaz à effet de serre, 2009) - (Cf. chapitre : “La qualité de l’air et le changement climatique”). |
Figure 7 : Evolution des émissions directes de CO2 liées aux consommations Source : Observatoire de l'énergie et des gaz à effet de serre, 2009 |
Synthèse et enjeux
| Le département du Morbihan, tout comme la Bretagne, demeure vulnérable et peu performant d’un point de vue énergétique. En effet, avec une consommation énergétique finale (électricité, gaz naturel et produits pétroliers) de 2,05 TEP par habitant en 2007, le Morbihan se situe un peu en dessous de la moyenne nationale (2,55 TEP/hab) et régionale (2,25 TEP/hab) mais sa production d’énergie est très faible et ne couvre qu’une petite partie de ses besoins (8% en 2008).
Le Morbihan est donc dépendant de ses approvisionnements extérieurs et principalement de la centrale thermique de Cordemais située dans l’estuaire de la Loire pour l’électricité. De plus, du fait de sa position géographique péninsulaire et du manque de moyens de production d’énergie régionaux, le réseau de transport de l’électricité de la Bretagne est fragile et un risque de rupture de distribution électrique n’est pas à exclure lors des pics de consommation. Plus globalement, la production et la consommation d’énergie ont des conséquences pour l’environnement, la plus préoccupante étant l’accroissement de la concentration en gaz à effet de serre qui entraîne une élévation de la température sur la planète. |
Devant la gravité de ces enjeux, la France et l’Europe se sont engagées, à travers différentes politiques et mesures (protocole de Kyoto en 1997, programme européen sur le changement climatique en 2000, déclaration du sommet du G8 de Heiligendamm en 2007…), à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. L’objectif pour la France est de diviser par 4 ses émissions d’ici 2050 (“facteur 4”).
Ce sont donc des enjeux économiques et sociaux (sécurité d’approvisionnement, augmentation du prix des énergies, épuisement des ressources fossiles...) mais également environnementaux qui poussent le Morbihan à diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique, notamment par le développement des énergies renouvelables (Cf. chapitre : “Les énergies renouvelables et les économies d’énergie”). |
Sources et liens
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www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr www.bretagne-environnement.org |








