La population du Morbihan
| Au 1er janvier 2008, le Morbihan comptait
710 000 habitants, soit 22,6% de la population totale bretonne. Avec près de 90 200 habitants de plus qu'en 1990 (environ 5 000 habitants par an en moyenne), il présente la seconde plus forte croissance démographique parmi les départements bretons, loin toutefois derrière l'Ille et Vilaine qui compte environ 9 300 habitants par an supplémentaires entr 1990 et 2008 (source : INSEE). Comme ailleurs en France, la population du Morbihan vieillit (Cf. Figure 1). Malgré une légère progression de la classe des “moins de 20 ans” depuis les années 2000, le département comptait, en 2007, plus d'habitants de “60 ans et plus” que de “moins de 20 ans”. Les jeunes de “moins de 20 ans” représentaient ainsi un peu moins du quart de la population tandis que la part des personnes de “plus de 60 ans”, avec 25,4%, augmente régulièrement (en moyenne + 2% par an depuis 1990). A titre de comparaison, la moyenne nationale se situe à environ 21,5% de la population totale. |
Figure 1 : Evolution de la population morbihannaise par classes d'âge Source : INSEE |
| La classe des 0-39 ans est la seule à présenter une évolution négative depuis 1990, ce qui contribue au vieillissement du département. Cette diminution est liée à l'arrivée à cet âge de générations “creuses” et à l'accroissement de la proportion de jeunes qui quittent le département pour suivre des études supérieures ou rechercher un emploi (Cf. Figure 2). | La croissance démographique du département
repose donc principalement sur des personnes de plus de 40 ans. Le Morbihan voit son taux de natalité (1,13%º en 2007) en légère diminution par rapport à 2006 (1,14%º). Cependant avec 7 942 nouveau-nés en 2009, le nombre de naissances demeure élevé. |
Le Morbihan présente, en outre, un solde naturel
relativement faible (0,13%º en 2007 contre 0,43%º
pour la moyenne
nationale) qui s'explique par la forte part des personnes âgées dans la
population et par la mortalité prématurée plus élevée chez les bretons.
C'est donc le solde migratoire qui est le principal moteur de la croissance démographique depuis 25 ans dans le département. |
Figure 2 : Structure de la population en 1990 et 2008. Morbihan, Bretagne et moyenne nationale Source : INSEE |
| Globalement, l'attractivité est la plus
importante pour la classe d'âge 30-59 ans. Il s'agit donc
essentiellement de raisons liées à l'activité professionnelle qui ont
conduit les nouveaux arrivants à choisir le Morbihan. Le département
accueille également une part non négligeable de retraités : 16% des
nouveaux arrivants avaient plus de 60 ans en 2000, 8% en Ille et
Vilaine et 11% dans le Finistère (INSEE). Par ailleurs, le département est soumis à d'importantes variations saisonnières de la population en raison du tourisme. Ainsi, en 2006, près de 3 millions de personnes ont visité le Morbihan, principalement durant l'été. Ces fortes variations ont de nombreux impacts, notamment l'augmentation des besoins en eau, en énergie, l'augmentation de la production de déchets, des besoins en assainissement etc... (Cf. chapitre : “Le tourisme et les loisirs”). |
Près de 3 morbihannais sur 4 vivent dans
une commune de moins de 10 000 habitants : après une baisse de la
population sur la période 1990-1999, l'espace rural gagne de nouveaux
habitants depuis 2000. Ce sont ainsi les communes de moins de
10 000 habitants qui portent le dynamisme démographique du
département. Elles ont vu leur nombre d'habitants progresser de 7,3%
sur la période 1999-2006 tandis que les communes de plus de 10 000 habitants voyaient leur population progresser de 0,6% sur la même période. Les installations se font cependant autour des grandes villes, notamment le pays de Vannes qui a été très attractif au cours de la période 1990-2005 (+ 25 500 personnes environ). C'est le deuxième plus fort solde migratoire de Bretagne derrière le pays de Rennes (INSEE). |
Les perspectives démographiques
| D'après les projections démographiques
réalisées par l'INSEE, la population du Morbihan pourrait augmenter de
près de 200 000 habitants entre 2007 et 2040 (scenario central). Avec un taux d'accroissement annuel moyen de la population (scénario central) de 0,76%, le Morbihan connaîtrait la seconde plus forte croissante démographique de la région, derrière l'Ille et Vilaine (INSEE Bretagne, 2010). Cependant, le solde naturel deviendrait négatif sur la période 2020-2040. L'essentiel de la croissance proviendrait donc des migrations. La structure par âge de la population devrait également évoluer, quelque soit le scénario retenu, avec une baisse de la part des "moins de 20 ans" et des "20-59 ans"au profit de celle des "60 ans et plus". Cette évolution, commune aux autres départements bretons et à la France métropolitaine, serait particulièrement marquée dans le Morbihan avec un indice de vieillesse (ratio du nombre de "75 ans et plus" sur le nombre de "moins de 20 ans" de 0,82 en 2040 (0,40 en 2007) contre 0,69 pour la moyenne bretonne et 0,65 au niveau national (INSEE Bretagne, 2010). L'évolution de la croissance de la population au cours des trente prochaines années pose la question du renouvellement de la population active dans le département ainsi que des enjeux importants en termes d'infrastructures, logements, consommations d'eau et d'énergie… |
De moins en moins de jeunes de moins de 20 ans dans le Morbihan |
L'occupation du territoire
| Les données présentées sont issues des enquêtes TERUTI (Jean, 2004) et TERUTI Lucas (Agreste, 2008).
Le concept de ces études repose sur l'association de photographies aériennes constituant la base de sondage et de relevés de terrain effectués par des enquêteurs. |
Elles permettent de connaître l'occupation du territoire, tant du point de vue physique (terrain agricole, bois et forêt, terrain bâti...) que fonctionnel (production agricole, production ligneuse, réseau routier, habitat...).La nomenclature de TERUTI Lucas est toutefois différente de celle de TERUTI et les résultats des enquêtes sont difficilement comparables. |
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Carte 1 : Occupation du sol en 2006 dans le Morbihan |
D'après l'enquête TERUTI Lucas (Agreste, 2008), les territoires agricoles représentaient 60,5% de la superficie du département en 2007 contre 66,8% au niveau régional (un peu moins de culture de céréales dans le Morbihan notamment) et 54,7% au niveau national. Les milieux boisés représentaient, quant à eux, 19,7% du territoire contre près de 30% au niveau national (Cf. chapitre : “Les milieux naturels”).
Enfin, les territoires artificialisés (bâtis et non bâtis) couvraient 12,9% du département (8,9% au niveau régional) contre une moyenne nationale de 9,2%. Parmi les territoires artificialisés, ce sont l'habitat, notamment l'habitat individuel (y compris les jardins), et les réseaux (routiers, aériens, ferroviaires...) qui dominent (Cf. Figure 3). Le programme européen Corine Land Cover, qui propose un référentiel d'occupation du sol basé sur l'interprétation d'images satellitaires, montre également, pour le Morbihan, un territoire dominé par l'agriculture (Cf. Carte 1). |
Figure 3 : Utilisation physique et fonctionnelle des territoires en Morbihan en 2007 Source : Agreste, 2008 |
| Les territoires artificialisés sont, quant à eux, principalement distribués sur le littoral du département.
Ils sont en forte progression avec une augmentation de 34,4% entre 1992 et 2004. Cette progression s'est faite essentiellement au dépend des terres agricoles qui ont perdu 5,3% de leur surface au cours de la même période (Cf. Figure 4). Signalons que les espaces boisés ont également progressé depuis 1992 (+11%) (Jean, 2004) - Cf. chapitre : “Les milieux naturels”. |
Figure 4 : Evolution de l'occupation du territoire morbihannais Source : Jean, 2004 |
L'urbanisation du littoral |
Synthèse et enjeux
| Avec
plus de 1 000 km de côtes, le Morbihan présente une grande
diversité de milieux littoraux (côtes rocheuses, massifs dunaires, rias
et estuaires, golfe du Morbihan...) qui ont contribué à son
développement économique et touristique. La densité moyenne du département avoisinait 102 habitants au km2 en 2007 et était passée à 104 hab/km2 au 1er janvier 2009 (115 hab/km2 pour l'ensemble de la Bretagne). Mais cette moyenne masque un fort contraste entre les communes littorales très peuplées et l'intérieur du département, rural et moins densément habité (Cf. Carte 2). Cette concentration augmente encore pendant la saison touristique dans les communes littorales. De plus, l'augmentation des espaces artificialisés constatée se fait principalement sur le littoral. |
Carte 2 : Densité de
population permanente dans le Morbihan |
| Ainsi, la progression de l'habitat péri-urbain et touristique a peu à peu constitué un espace urbanisé sur une grande partie du littoral morbihannais (Cf. Carte 3).
L'étalement des zones urbaines représente différentes pressions sur l'environnement. Entre autres effets, l'artificialisation de l'espace accompagnant le développement des habitations et infrastructures (réseau routier, services, assainissement...) a des conséquences sur la qualité de l'eau et la biodiversité :
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Par ailleurs, l'étalement des zones urbaines entraîne une augmentation de la demande énergétique pour le chauffage des habitations et les transports notamment. L'étalement urbain a donc des conséquences non négligeables d'un point de vue environnemental, et cela d'autant plus qu'il reflète davantage l'évolution de nos modes de vie que l'accroissement de la population (demande accrue de logements individuels, de biens de consommation, de transports...) - Cf. chapitre : "L'urbanisation". Dans le Morbihan, cette croissance des territoires artificialisés, qui se fait principalement sur le littoral, pose le problème de la préservation de milieux naturels d'une grande fragilité, milieux naturels qui contribuent par ailleurs au développement économique du département. |
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Carte 3 : Evolution de la tache urbaine dans le Morbihan entre 1985 et 2005 |
Sources et liens
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